
La disparition de Philippe Séguin, président de la Cour des comptes le 7 janvier dernier a suscité l'émoi et la surprise dans le monde politique, à droite comme à gauche. Il a été enterré aujourd'hui dans le Var à Bagnols-en-Forêt dans le caveau familial, ou repose sa mère depuis octobre 2009. Ses obsèques nationales ont eu lieu lundi à Paris aux Invalides en présence de sa femme Béatrice et de ses enfants ainsi que celles du chef de l'Etat et de nombreuses personnalités politiques toutes tendances confondues. De nombreuses chaînes de télévision ont retransmis en direct la cérémonie religieuse et l'éloge funèbre du président de la République dans la cathédrale Saint-Louis-Les-Invalides.
Tous ont rendu hommage à "un grand serviteur de l'Etat", "un homme exceptionnel" et "de convictions". Beaucoup de ceux qui l'avaient combattus étaient présents à ses obsèques pour ce "dernier claquement de porte" de celui que ces opposants surnommait "le Grizzli".,célèbre pour ses coups de colère. Le parcours de Philippe Séguin, surtout connu comme député-maire d'Epinal dans les Vosges, Ministre des affaires sociales de 1986 à 1988, puis Président de l'assemblée nationale de 1993 à 1997, est un parcours exceptionnel digne de la méritocratie française.
Que faut-il retenir de Philippe Séguin permettant de comprendre un tel hommage?
Né à Tunis en 1943, orphelin d'un père combattant dans les FFL, mort lors de la Libération en 1944, fils d'une institutrice, Philippe Séguin est un homme aux origines modestes qui, après son rapatriement en France, gravira un à un les barres de l'échelle sociales. Elève de Sciences Po puis de l'ENA, il n'en oubliera pas pour autant le milieu d'où il vient et l'importance de la voie sociale dans une démocratie moderne telle que la France. Le gaullisme social sera au coeur de son engagement politique, réunissant à la fois un patriotisme éclairé hérité de l'engagement de son père, un amour véritable de la nation et de réelles préoccupations sociales pour son peuple. Serviteur infaillible de l'Etat, il a su conserver tout au long de sa carrière à la fois son honnêteté et son intégrité, ce qui explique sans doute ses échecs répétés en politique, ne voulant jamais "tuer" politiquement ceux qui se mettait en travers de son chemin. Ce fut l'échec de peu au référendum de Maastricht de 1992, mais aussi aux européennes de 1999 et de la mairie de Paris en 2001.Il n'a jamais voulu non plus s'abimer dans diverses compromissions, ne supportant pas "l'abaissement" de la politique dont il avait une haute opinion. Ses idées gaullistes-sociales avaient fait gagné Jacques Chirac en 1995 sur le thème de la fracture sociale car le peuple les appréciaient. Ses colères en a fait frémir plus d'un jusqu'à l'ancien président Jacques Chirac qui en avait une peur quasi-physique.
Mal aimé du milieu politique parisien, très apprécié par les habitants d'Epinal et des Vosges qui ont mit en berne les drapeaux tricolores de la ville avec un ruban noir en signe de deuil, Philippe séguin était l'archétype d'un homme d'Etat n'oubliant jamais ses origines sociales, capable de très bons mots et d'arracher des larmes à ses auditeurs par ses discours qu'il raturaient sans cesse, soucieux de la justesse des mots qu'il employait. Il est presque surprenant de voir ses anciens adversaires rassemblés autour de son cercueil et de sa robe de magistrat désormais vide de la corpulence et de la bonhommie de son porteur dont le gros rire sourd et inimitable résonnent encore dans la tête de tous. Surprenant aussi sans doute, de voir à ces obsèques ceux qui ont utilisés ses idées pour gagner des élections mais ne pas les appliquer une fois au pouvoir. Philippe Séguin rassemblait par ses idées une partie de la droite par son patriotisme et une partie de la gauche par ses idées sociales. Finalement, n'est-il pas l'incarnation de ce à quoi les deux principaux partis de la vie politique française ont renoncé? C'est-à-dire une France libre et indépendante dans une Europe au service des citoyens avec un modèle économique permettant de sortir de ce que Séguin nommait le "Munich social" ? Lui qui souffrait ses dernières années de voir la France s'enfoncer dans des crises multiples: celle de l'Etat, de l'emploi, des banlieues, de l'école et qui rappelait, avec sa passion totale pour le football "la droite et la gauche sont deux équipes de foot sur le terrain mais le ballon a été confisqué, il est entre les mains des puissances de l'argent, à Bruxelles , à Francfort, et dans les multinationales."
Sa disparition soudaine est bien plus que celle d'un serviteur de l'Etat, c'est celle d'un symbole d'une République intègre, courageuse et de convictions.
Sources: AFP, La Croix, France 2, I-télé, Discours pour la France de P. Séguin de mai 1992 à l'Assemblée nationale.
Tous ont rendu hommage à "un grand serviteur de l'Etat", "un homme exceptionnel" et "de convictions". Beaucoup de ceux qui l'avaient combattus étaient présents à ses obsèques pour ce "dernier claquement de porte" de celui que ces opposants surnommait "le Grizzli".,célèbre pour ses coups de colère. Le parcours de Philippe Séguin, surtout connu comme député-maire d'Epinal dans les Vosges, Ministre des affaires sociales de 1986 à 1988, puis Président de l'assemblée nationale de 1993 à 1997, est un parcours exceptionnel digne de la méritocratie française.
Que faut-il retenir de Philippe Séguin permettant de comprendre un tel hommage?
Né à Tunis en 1943, orphelin d'un père combattant dans les FFL, mort lors de la Libération en 1944, fils d'une institutrice, Philippe Séguin est un homme aux origines modestes qui, après son rapatriement en France, gravira un à un les barres de l'échelle sociales. Elève de Sciences Po puis de l'ENA, il n'en oubliera pas pour autant le milieu d'où il vient et l'importance de la voie sociale dans une démocratie moderne telle que la France. Le gaullisme social sera au coeur de son engagement politique, réunissant à la fois un patriotisme éclairé hérité de l'engagement de son père, un amour véritable de la nation et de réelles préoccupations sociales pour son peuple. Serviteur infaillible de l'Etat, il a su conserver tout au long de sa carrière à la fois son honnêteté et son intégrité, ce qui explique sans doute ses échecs répétés en politique, ne voulant jamais "tuer" politiquement ceux qui se mettait en travers de son chemin. Ce fut l'échec de peu au référendum de Maastricht de 1992, mais aussi aux européennes de 1999 et de la mairie de Paris en 2001.Il n'a jamais voulu non plus s'abimer dans diverses compromissions, ne supportant pas "l'abaissement" de la politique dont il avait une haute opinion. Ses idées gaullistes-sociales avaient fait gagné Jacques Chirac en 1995 sur le thème de la fracture sociale car le peuple les appréciaient. Ses colères en a fait frémir plus d'un jusqu'à l'ancien président Jacques Chirac qui en avait une peur quasi-physique.
Mal aimé du milieu politique parisien, très apprécié par les habitants d'Epinal et des Vosges qui ont mit en berne les drapeaux tricolores de la ville avec un ruban noir en signe de deuil, Philippe séguin était l'archétype d'un homme d'Etat n'oubliant jamais ses origines sociales, capable de très bons mots et d'arracher des larmes à ses auditeurs par ses discours qu'il raturaient sans cesse, soucieux de la justesse des mots qu'il employait. Il est presque surprenant de voir ses anciens adversaires rassemblés autour de son cercueil et de sa robe de magistrat désormais vide de la corpulence et de la bonhommie de son porteur dont le gros rire sourd et inimitable résonnent encore dans la tête de tous. Surprenant aussi sans doute, de voir à ces obsèques ceux qui ont utilisés ses idées pour gagner des élections mais ne pas les appliquer une fois au pouvoir. Philippe Séguin rassemblait par ses idées une partie de la droite par son patriotisme et une partie de la gauche par ses idées sociales. Finalement, n'est-il pas l'incarnation de ce à quoi les deux principaux partis de la vie politique française ont renoncé? C'est-à-dire une France libre et indépendante dans une Europe au service des citoyens avec un modèle économique permettant de sortir de ce que Séguin nommait le "Munich social" ? Lui qui souffrait ses dernières années de voir la France s'enfoncer dans des crises multiples: celle de l'Etat, de l'emploi, des banlieues, de l'école et qui rappelait, avec sa passion totale pour le football "la droite et la gauche sont deux équipes de foot sur le terrain mais le ballon a été confisqué, il est entre les mains des puissances de l'argent, à Bruxelles , à Francfort, et dans les multinationales."
Sa disparition soudaine est bien plus que celle d'un serviteur de l'Etat, c'est celle d'un symbole d'une République intègre, courageuse et de convictions.
Sources: AFP, La Croix, France 2, I-télé, Discours pour la France de P. Séguin de mai 1992 à l'Assemblée nationale.