mercredi 28 octobre 2009

Sarkozy, l'agriculture, la terre, les aides, les prix et..Bruxelles


C'est donc dans le Jura que fait escale le président de la République pour parler aux agriculteurs, qui manifestent depuis la rentrée, surtout dans le domaine laitier, contre la hausse des prix qui fait qu'ils vendent désormais à perte et ne peuvent plus vivre raisonnablement de leur métier. Mais le problème agricole s'étend à presque toutes les filières : de la viande au lait en passant par le vin, la pêche et les fruits & légumes, c'est tout un pan de notre agriculture qui dépérit petit-à-petit, lentement mais sûrement...

Bruno Lemaire, ministre de l'agriculture, avait récemment annoncé que l'Union Européenne avait débloqué plusieurs millions d'aide pour l'agriculture française dans le cadre de la Politique Agricole Commune (PAC). Cela n'a pas eu d'effet sur le mécontentement manifeste des agriculteurs et surtout des producteurs de lait qui ont déversé des litres de lait sur les CRS et dans les rues de la capitale française et européenne. Cette manifestation fut relayée ail y a quelques jours par les autres filières agricoles. La promesse de Nicolas Sarkozy d'un milliard de prêts bonifiés et de 650 millions d'euros d'aides risque elle aussi de faire... chou blanc.

Etant un habitué des messages plus ou moins discrètement envoyés à ses ministres et à son électorat, le président de la République a fait d'une pierre deux coups en affirmant son attachement à la terre et "le lien charnel qu'a la France avec son agriculture, qui est un élément de notre identité nationale". Une façon comme une autre de soutenir le "vaste débat" que veut lancer son ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Dévelopement solidaire, Eric Besson.

Plus concrètement, on assiste à une véritable myopie du pouvoir politique. Que ce soit Michel Barnier ou Bruno Lemaire ou encore Nicolas Sarkozy, aucun ne semble comprendre le monde agricole rural, pourtant parti intégrante de l'électorat de droite depuis fort longtemps. Loin d'un Jacques Chirac qui restait des heures au Salon de l'agriculture de Paris ou qui arrosait les agriculteurs de subventions en Corrèze du temps où il était député sous Pompidou, en 1971. La droite parlementaire semble avoir oublié cet électorat fidèle en se rapprochant de plus en plus du CAC 40 et de la finance mondialisée, perdant le sens de la réalité terrestre. Les agriculteurs ne veulent pas mourir ou survivre en devenant les fonctionnaires du monde rural avec des subventions de la PAC. Ils aspirent à pouvoir de nouveau à vivre du fruit de leurs efforts et de la terre.

Ce n'est que lorsque la droite UMP aura compris cela que ses rapports avec le monde agricole se détendront.


Sources: Reuters, France Soir, Le Figaro.

Vous avez dit "identité nationale" ?


Certains diront que cela est défini depuis longtemps, d'autres qu'il y a matière à réouvrir le débat tout de suite et d'autres que cela indiffère complètement...

Eric Besson, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire a lancé lors du débat LCI-Le Figaro-RTL dimanche dernier l'idée d'un grand débat en france sur l'identité nationale afin de répondre à la question cruciale qui est: "qu'est-ce qu'être français ?" Lors du débat LCI-Le Figaro-RTL, Eric Besson a mis en exergue "la burqa" comme "contraire aux valeurs républicaines et françaises", ce qui l'amène à affirmer que prochainement, des questions, des débats seront amenés sur la scène publique par l'entremise des préfets, sur notre identité nationale.

Parmi les observations du ministre Besson, on trouve l'idée de faire entendre la Marseillaise aux Français une fois par an, de réaffirmer les valeurs et les principes républicains., ainsi que la connaissance de notre propre histoire. Pourquoi pas dirait-on? Mais le débat risque d'être parasité par le fait que le ministère de monsieur Besson s'occupe à la fois de l'identité nationale et de l'immigration. Une question se pose alors: se définit-on par rapport aux étrangers? L'identité et la culture françaises sont-elles adversaires d'identités et de cultures présentes dans d'autres pays ?

Un autre problème se pose: lorsque le thème des symboles français et républicains est abordés en France, ressort une fois de plus le spectre du Front national. Depuis que la gauche et une partie de la droite ont jeté aux orties tout ce qui avait trait au national, il est devenu suspect de parler de d' "identité nationale" ou d' "identité française", puisque le parti de Jean-Marie Le Pen a récupéré dans la rivière tout ce qui a été évacué depuis Valéry Giscard d'Estaing, jusqu'à Nicolas Sarkozy en passant par François Mitterrand et qui faisait la richesse de notre patrimoine commun. Aux fers, donc, le drapeau, Marianne, l'hymne national, emprisonnés dans les mairies ou recyclés dans le sport, lorsque l'hymne national n'est pas sifflé par des supporters pourtant français...

Quelle image n'avons-nous pas donné depuis trente ans au monde ! La nature ayant horreur du vide, nos politiques ont cru bon de remplacer cela par l'Europe (oubliant qu'on ne fait pas une cohésion inter-nations avec des quotas laitiers ou des taux de déficit indépassables.) Quand l'Europe est trop lointaine, il fallait une compensation: ce fut "l'antiracisme" et le "métissage"; l'antiracisme sous Mitterrand comme machine de guerre à agiter le chiffon brun vers la droite pour la lier avec le FN pour mieux la briser, et le métissage pour justifier la mondialisation, l'arrivée massive de migrants dans les années 1980 avec l'utilisation accrue du regroupement familial dans les banlieues; faisant oublier que la France pratiquait le métissage depuis Clovis, jusqu'à la IVème république en passant par les conquêtes de territoires des rois de France et des révolutionnaires, par le biais d'une assimilation culturelle et politique des nouveaux venus sans cesse modifiée et adaptée en fonction des conditions historiques.

Entre le pusilianisme de certains de nos politiques au pouvoir et l'acharnement nationaliste d'autres qui en sont exempts, il y a un manque de débat et déjà un afflux de polémique!

Sources: Le Nouvel Observateur, Reuters, Le Point, AFP.





Kaboul-Calais-Kaboul

Une fois de plus, l'immigration est au coeur de l'actualité médiatique. Le 22 octobre 2009, un avion de 27 Afghans groupés par le Royaume-Uni et la France (24 viennent du Royaume-Uni et seulement 3 proviennent de France) a décollé de Calais pour Kaboul. Pour le ministre de l'Immigration, de l'Intégation et de l'Identité nationale et du développement solidaire Eric Besson, cette mesure se fait dans le cadre légal du "refus de la demande d'asile".

Le ministre Besson semble affirmer que les Afghans renvoyés habitent dans la région de Kaboul, alors que des associations rétorquent sur la Toile que l'un d'entre eux serait originaire d'une région particulièrement sous tension dans le sud du pays. Les destins de ces ex-migrants afghans semblent ne tenir qu'à un fil dans ce pays en proie à la guerre.

Durant le soirée où ce vol devait partir pour Kaboul, des personnes d'associations de soutiens sont venues soutenir les Afghans ex-candidats à l'asile politique ont manifesté leur mécontentement et leur volonté de faire plier le gouvernement français. Peine perdue. Le vol Calais-Kaboul aura bien lieu. C'est au tour de l'oppostion parlementaire de vouer aux gémonies l'executif: Pour les socialistes, c'est le "charter de la honte", reprise en coeur du mot de Martine Aubry, ainsi qu'une "entreprise terriblement scandaleuse" pour le groupe communiste de madame Buffet.

Une question se pose: le gouvernement, qui promet entre 27 000 ou 28 000 éloignements ou expulsions par an, ne fait-il pas figure de "petite main" pour son électorat le plus à droite? Quitte à faire une véritable reconduite dans le pays d'origine, certeins membres de l'UMP se demandent surement: "Seulement trois?" avec cynisme. Les partis de gauche parlemantaire n'en font-ils pas une affaire électoraliste à quelques mois des régionales pour réaffirmer avec force les idées susceptibles de les rassembler tous, tout comme la droite UMP qui veut afficher de la fermeté vis-à-vis de l'immigration illégale pour remobiliser son électorat.

Cette opération semble être plus une bonne opération de communication pour les deux directions des deux partis politiques que sont l'UMP et le PS: les uns réaffirment celle d'inflexibilité face à l'immigration clandestine, reprenant les thèmes de campagnes du président Sarkozy, et les autres peuvent jouer les belles âmes devant les médias, défendant le droit d'asile et l'humanité: l'occasion était trop belle. Tout le monde est gagnant!

Sources: http://immigration.gouv.fr , Reuters, Le Nouvel Observateur, Libération.

mardi 20 octobre 2009

France Télécom: un sursaut de raison face à la folie du marché


Annonce de la direction de France Télécom: suspension des restructurations dans l'entreprise jusqu'à la fin de l'année. Enfin, pourrait-on dire ! Face à la vague ininterrompue de suicides qui a commencé dès le début de l'année et qui se poursuit malgré la médiatisation de l'affaire et les annonces répétées de la direction et reprise en cœur par le gouvernement, le P-DG Didier Lombard vient de céder à l'une des revendications "phares" des syndicats et des salarié(e)s qui était la fin du Time to move et du Turn Over , largement décriés comme étant des outils du "management par la terreur" de l'ancien numéro 2 de France télécom, Louis-Pierre Wenès, remplacé depuis peu par Stéphane Richard.

La suspension momentanée des restructurations intervient peu après le vingt-cinquième suicide à France Télécom, celui d'un ingénieur quinquagénaire. Mais aussi, cela intervient dans le dernier trimestre de l'année. Une suspension des restructurarions pour trois mois ne serait-elle pas ainsi que de la poudre aux yeux jetée aux médias pour montrer des "signes encourageants d'efforts" en direction des salariés? De même, si cette annonce se révèle vraie, qu'est-ce qui empêchera les restructurations -qui ballottent les personnes de services en services- de recommencer de plus belle dès janvier 2010 ?

Depuis hier, France Télécom a lancé un questionnaire aux salariés sur le malaise et le stress au travail : dans la seule journée, l'entreprise a reçu plus de 9000 réponses... Le chiffre semble parler de lui-même en ce qui concerne la préoccupation des salariés!


Sources: reuters, l'express


lundi 12 octobre 2009

France: Politique: Fils de...



Jean Sarkozy, le fils cadet du Président de la République est pressenti pour prendre la tête de la présidence de l’EPAD (l’Etablissement Public et d’Aménagement de la Défense) des Hauts-de-Seine. Déjà président du groupe UMP régional des Hauts-de-Seine dès 21 ans, il en a aujourd’hui 23, veut profiter du départ de Patrick Devedjian, Ministre de la Relance, fêtant ses 65 années, âge de la retraite signant la fin de sa présidence de l’EPAD.


« La valeur n’attend pas le nombre des années » objectera-t-on en nous citant Le Cid de Corneille. Il n’empêche : un jeune homme de 23 ans entamant sa deuxième année de droit est-il capable de gérer un tel poste, de telles responsabilités qui dépassent largement celles d’un responsable d’un conseil général de département ? Même si cette fonction est plus représentative qu’active, il n’en reste pas moins que ce poste requiert certains pré-requis indispensables à la compréhension du fonctionnement d’un tel poumon économique. On peut se permettre de douter de Jean Sarkozy au vu de son parcours : à 23 ans, il n’a qu’une année de Licence validée alors qu’un jeune homme du même âge dans le cycle universitaire normal achève sa deuxième année…de Master. On peut aussi douter du fait que ce soit Jean Sarkozy qui gère lui-même les prochains travaux pour la Défense...


« Comme au temps de l’Empereur »


La gestion de l’EPAD n’est pas une mince affaire : La Défense est le premier pôle d’affaires économiques et financières européen. La réalité semble s’imposer d’elle-même à ceux qui ne sont pas dupes. Tel père tel fils ! Le départ de Devedjian est une aubaine pour affirmer la prééminence du clan Sarkozy dans l’Ouest parisien. Déjà la polémique enfle en France : « Népotisme ! », « Favoritisme ! » dit-on au PS comme Laurent Fabius et Ségolène Royal, et chez les Verts avec Cécile Duflot ou encore « République bananière ! » chez DLR de Nicolas Dupont-Aignan.


Nicolas Sarkozy tel un Napoléon, qui, a défaut d’avoir eu un bref instant l’Europe en main un trop court instant, cherche à contrôler tout ce qu’il peut en France, entend placer ses proches à des postes-clés surtout sur ses terres de prédilection. La mainmise du Président sur tous ses secteurs : politiques et économiques donne une image très différente de notre République au monde: on a pu voir dans le journal britannique The Guardian une boutade moqueuse des journalistes, qualifiant le fils cadet du président du titre peu enviable de « Prince Jean » dans la « Sarkozyville » . Jusqu’à la télévision chinoise qui s’est étonnée d’un tel « placement » du fils par le père. On pourra objecter que la télévision d’une dictature communiste autoritaire n’a que peu de valeur, The Guardian n’en est pas moins un journal recommandé et sérieux d’une démocratie libérale européenne…


Les tentatives de justification d’une telle candidature de certains parlementaires UMP prêtent plus à rire qu’à pleurer : Pascal Balkany affirme que « Cela n'a rien à voir avec le fait qu'il soit le fils de son père. Ce n'est pas parce qu'il est le fils du président de la République qu'il est là, c'est parce qu'il a le talent pour le faire. » Quel beau parrainage… Dominique Paillé, député UMP, a lui aussi décider de faire dans l’humour : « La vie politique est peuplée de gens qui sont arrivés très jeunes, très tôt sans véritablement être super diplômés et c'est une chance parce que cela permet l'ascenseur social » c’est sûr que le fils d’un président de la République a besoin d’un ascenseur social, étant donné la difficile position du père. Le père, omniprésent jusque dans la bouche de son parlementaire Frédéric Lefèvre dont la fidélité et le dévouement n’ont pas de limites : « Le procès d'intention qui est fait aujourd'hui à Nicolas... à Jean Sarkozy est détestable » Magnifique lapsus de circonstance, qui rappelle qui est aux commandes. Hormis ce lapsus, certains parlementaires de la majorité récitent leur fable qui semblent leur avoir été dictée.


Oui, notre République offre ainsi au monde un visage inconnu et étrange. Alors que celle-ci était fondée jadis sur la méritocratie, elle semble s’abimer dans des actes dignes d’un Troisième Empire français. Signe d’un changement des temps ou retour vers les dynasties royales?


Sources : AFP, France 2, Rue 89, Le Nouvel Observateur.

Monde: Et le prix Nobel de la paix de cette année 2009 est décerné à...

Barack Obama! Le 44ème président des Etats-Unis s'est vu décerné le prix Nobel de la Paix à Oslo, pour sa "diplomatie à la recherche de la paix", son "dialogue" et ses "travaux encourageants"... C'est en ces termes que le jury a résumé les raisons qu'il a eu de décerné à Barack Obama ce prix si prestigieux.

Le mot le plus marquant est sans doute celui d'encouragements. Disant ne pas mériter lui-même un tel honneur, le président des USA vient de se faire redorer son blason et celui de son pays, alors que les deux sont en difficultés l'un avec l'autre. A dire vrai, comment une telle distinction peut-elle arriver alors que le président américain n'a que dix mois d'exercice du pouvoir? Son ton de dialogue , ses discours sont certes en faveur de la paix, mais les actes sont longs à venir. Si une bonne politique exige du temps et ne peut se faire dans la précipitation et la rapidité, le prix Nobel arrive plus comme un encouragement que comme une récompense...


Car, soyons clair, le seul résultat visible aujourd’hui est la non-mise en place d’un bouclier antimissile en Europe orientale contre la Fédération de Russie et un réchauffement des rapports diplomatique avec celle-ci...


La volonté du président de règler le conflit israëlo-palestinien en appelant à cesser la colonisation israëlienne de la Cisjordanie palestinienne (dont le gouvernement de Benamin Netanyaou ne démord pas) , sa détermination à vouloir réconcilier les Etats-Unis avec le monde musulman dans le discours du Caire, sa main tendue jusqu'à la crampe à l'Iran et son changement de stratégie en Irak et en Afghanistan (qui tarde tout de même à se faire voir) sont autant de signes qui lui ont valu le prix Nobel, comme une fleur plantée et qu'une partie du monde attend de voir pousser.


Ce prix Nobel est comme un cadeau de Noël donné à un enfant sage au début de l'été. Qui sait-ce qu'il adviendra de la politique de paix d'Obama? Se fanera-t-elle sous la sécheresse des terribles réalités du monde? Dévira-t-elle comme un tournesol vers le soleil des intérêts immédiats? Il est encore trop tôt pour le dire, comme l'arrivée de ce prix Nobel.

Sources: AFP, Reuters

jeudi 8 octobre 2009

De l'école du mérite à l'école de la boutique....


Un nouveau projet vient de voir le jour dans les cerveaux de certains responsables de l'éducation nationale: faire gagner aux élèves une cagnotte de 10 000 € pour les récompenser du mérite -ô combien grand- de leur assiduité en cours dans les lycées professionnels! Cela sera expérimenté dans cinq communes de France. Si les fondateurs de l'école républicaine voyaient ce spectacle navrant, ils se retournerait dans leur tombe et la creuserait jusqu'au noyau terrestre!

Alors que le Président de la République, lors de la campagne présidentielle de 2007, avait mis l'accent sur la restauration de l'école du mérite, citant pèle-mêle Léon Blum et Jules Ferry, ne semble pas trouver d'incohérence entre son discours et la réalité qui se construit aujourd'hui, deux années après son élection. Alors que les jeunes auraient besoin de repères et de valeurs dans notre société de consommation, voilà que ce dispositif semble vouloir leur donner comme référent la seule valeur de l'argent et celle de l'appat du gain... A Marseille, c'est un autre dispositif qui a déjà été mis en place: un billet offrant une place pour aller voir l'Olympique Marseillais jouer ! Une récompense pour ceux qui vont en cours, l'absentéisme étant en recrudescence dans les lycées professionels (de 10 à 20% d'absences par classe en moyenne!)

Xavier Darcos, ministre de l'éducation, n'a pas soufflé mot de cela: il y a un sujet plus intéressant aujourd'hui pour le gouvernement. On l'a invité sur le plateau de RTL pour parler des...tendances touristiques de François Mitterrand en Thaïlande à Bankhok, capitale mondiale de la prostitution infantile comme chacun le sait. Sujet ô combien intéressant pour les Français que La mauvaise vie du ministre de la culture.

Plus sérieusement, alors que Nicolas Sarkozy a annoncé le nom remplacement d'un fonctionnaire sur deux dans tous les domaines, y compris l'éducation, voilà que l'on va se mettre à distribuer des sommes folles à des classes de lycées pro, alors que cet argent pourrait être investi -par exemple- pour embaucher des conseillers d'orientation pour mieux guider et encadrer les fameux "décrocheurs" que le Président a dit vouloir faire disparaître du système scolaire dans son discours à la jeunesse récemment... Mais non, plutôt que trahir cette règle d'or destinée à limiter-les-dépenses-de-l'état en supprimant des fonctionnaires utiles à la formation des forces vives de la Nation, on préfère les rémunérer avant qu'il commence à travailler sous le fallacieux prétexte de les faire revenir à l'école. La responsabilité des parents est alors en question, chose que n'évoque jamais les politiques par crainte de perdre des électeurs. On croyait que l'assistanat était refusée par la droite française, mais elle semble vouloir le laisser s'installer.


Sources: Reuters, LCI.

vendredi 2 octobre 2009

France: Politique: récidive et castration chimique en débat.


L'assassinat d'une femme de 42 ans par un récidiviste violeur relance une fois de plus le débat sur la récidive et sur la castraction chimique des criminels et délinquants sexuels.

Nicolas Sarkozy a assuré aux proches de Marie-Christine Hodeau morte étranglée par un récidiviste qui fut condamné à onze ans de réclusion pour viol sur mineure, que tout serait fait pour revoir le suivi des personnes condamnées, notamment en terme de crimes et délits sexuels.

En ce qui concerne la récidive, celle-ci , dans ce cas là n'aurait jamais eu lieu si le condamné avait purgé sa détention jusqu'au bout. Condamné en 2000 pour viol, il aurait dû rester en prison juisqu'en 2011 (L'Express du 1er octobre 2009). Libéré en conditionnelle début 2007, cet élément montre un fait marquant: on libère désormais plus tôt en invoquant la bonne conduite, souventpour masquer le manque de place en prison et le besoin de faire "tourner les cellules" accueillant les détenus, déjà engorgées. Le violeur récidiviste n'aura donc purgé que six années sur onze de sa peine...La mort de Marie-Christine Hodeau aurait sans doute pu être évité si les peines étaient appliquées jusqu'au bout.


Michelle Alliot-Marie clame sa volonté de mettre en place, comme au Canada, la castrasion chimique des détenus "sur la base du volontariat" a-t-elle indiquée. Dans le cas contraire, le détenu continuera à purger sa peine. Encore faudrait-il que cela soit applicable! Les dernières lois votées sous Chirac et Sarkozy sont toujours peu appliquées du fait du manque de budget de la justice. Les juges d'application des peines sont les premiers à le déplorer.

Un doublement du budget de la justice serait plus que bienvenu! Comment en effet faire appliquer la loi si l'on n'en a pas les moyens ? Quand l'Allemagne et le Royaume-Uni consacre dans les dépenses publiques deux fois plus que la France pour la justice, on est en droit de se poser quelques questions...

Sources: Reuters, L'Express.

jeudi 1 octobre 2009

France: Le Parti Socialiste de Martine Aubry veut changer...mais en est-il capable?


A la direction du PS, Martine Aubry lance sa dernière trouvaille: un vote avec onze questions pour un "Nouveau Pari Socialiste". Une fois de plus, on entend revenir le refrain de "rénovation", mot leitmotiv après chaque défaite électorale pour un parti qui sait les enchainer sans jamais s'y dérober. Déjà, immédiatement après l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007, Ségolène Royal appelait à la rénovation du parti, suivie par tous les eléphantaux quadragénaires désireux d'envoyer au cimetière les vieux pachydermes qui avaient fait leur temps. Entre Martine et Ségolène, chacune a dans ses tiroirs "sa rénovation du PS", l'ex-candidate à la présidentielle n'a toujours pas digéré le fait de s'être fait ravir le trône socialiste, surtout depuis les révélations de fraudes dans le livre Hold-uPS, arnaques et trahisons rédigé par deux journalistes d'investigation qui a plongé tout le PS dans un trouble dont il se serait bien passé.

Martine Aubry a une légitimité à conquérir, une affirmation de puissance et d'assurance à démontrer. Elle doit faire oublier ses larmes de tristesse et de rage qu'elle a difficilement pu retenir devant les caméras au soir du 7 juin 2009, dernière défaite en date de la Rose flétrie. Et pourtant, il tourne le PS! oui, avec les élus de municipalités, de régions et de circonscription qui bien souvent cumulent les mandats. Ce cumul des mandats que Madame Aubry ne voudrait plus voir mais dont la suppression ne ferait qu'agrandir les trous béants dans la coque du navire PS, au point d'en faire un Radeau de la Méduse sans capacité de survivre aux vagues tumultueuses du monde politique et des futurs élections régionales. Martine Aubry a d'ailleurs jugé prudent d'éviter d'énoncer cet écueil devant les élus locaux, ainsi que l'idée de "parité totale" au sein du parti. Les élus locaux sont le poumon du PS, la seule force qui lui permet de vivre politiquement puisque les idées nouvelles ont déserté ce parti depuis bien longtemps.

Entre les mains de ces dirigeants, le PS, jadis l'étoffe de la gauche, s'est transformé en couverture que chacun veut tirer de son côté, au point de la déchirer et de la recoudre sans arrêt, de telle sorte qu'elle apparait bien laide ainsi rapiécée aux yeux de ses militants qui jadis s'en drapait pour en défendre la couleur. Parmi les deux cents mille adhérents-militants, combien iront voter? on s'attend à une abstention record, signe d'une campagne atone et sans entrain, d'une démoralisation des troupes avec la révélation de fraude. Martine Aubry a beau promettre des lendemains qui chantent aux militants; la grande rénovation, mot usé à gauche jusqu'à la corde,ne les fait plus rêver.

Un nouveau coup pour rien à gauche ? Martine Aubry joue gros, elle sait que si elle est désavouée lors de ce vote, sa position à la tête du parti deviendra de plus en plus intenable, et sa rivale du Poitou aura , en dépit de gagner la tête du parti, réussi à la faire perdre, et aura un espace pour s'affirmer, et qui sait, aller tel Balladur en 1995, seule à l'assaut de l'Elysée en 2012!

Sources: Reuters, Le Monde, Le Figaro, Libération.







France: Le déficit de la sécurité sociale plonge encore...


"Touche le fond mais creuse encore" pourrait-on dire lorsque l'on voit la plongée vertigineuse du déficit public de la sécurité sociale. Les gouvernement successifs ont pendant longtemps pensé que le non-remboursement de certains médicaments non-génériques aurait pour effet de résorber en partie "le trou de la Sécu" qui hantent tous nos politiques depuis vingt ans. Mais rien à faire, surtout avec la crise économique qui s'ajoute au fardeau des acteurs de la scène publique qui cherchent à endiguer le problème : le déficit atteindra en 2010 les 33,6 milliards d'euros.

A cela, plusieurs raisons: la fonte des recettes à cause de la dégradation du marché du travail (dû en partie à la crise) , ainsi qu'à un sérieux problème de gestions dans toutes les branches de la Sécurité Sociale, notamment en matière de distribution et de remboursements de médicaments. On peut aussi rappeler que la France est le pays le plus consommateur de médicaments au monde selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Si le vieillissement de la population est en partie responsable de cela, ça n'explique pas tout: le lobbying des laboratoires pharmaceutiques et les intérêts économiques en jeu , ainsi que la surconsommation de médicaments chez les patients fournissent un autre éléments de réponse.

Aussi que dire de la gratuité de certains médicaments pour les immigrés n'étant pas forcément dans le besoin, lorsque ces médicaments là ne sont plus rembourser pour les nationaux ? Dans le livre Accueillir ou reconduire d'Alexis Spire, une guichetière du service des bureaux de l'immigration explique les abus courants en ces termes: " La Sécurité Sociale ne rembourse plus certains médicaments pour les Français, ce qui fait quand même une grosse différence pour les fonctionnaires comme nous, mais l'Etat prend en charge la santé des malades étrangers. Il y a quelquechose qui ne va pas là-dedans, ce n'est pas logique!" -Ce a quoi Alexis Spire ajoute-
"La possibilité pour les étrangers d'être admis en France lorsqu'ils sont atteint d'une pathologie non pris en charge dans leur pays d'origine est ici directement reliée à la dégradation de la protection sociale des travailleurs nationaux les plus pauvres" (p59) L'auteur ne met pas vraiment en doute l'affirmation de la guichetière dans les pages qui suivent...

Face à cela, quelles solutions apporte le gouvernement français ? L'augmentation du forfait hospitalier passerait alorsde 16 à 18€, la diminution du taux de remboursement de certains médicaments passerait de 35% à 15% de remboursement du prix, ainsi que le remplacement de certains médicaments par des génériques, et l'arrêt de l'exonération de prélèvements sociaux de certains contracts d'assurance-vie.

Une chose est certaine, ne rien faire serait la pire chose qui soit. Mais que cela n'empêche pas le gouvernement de choisir d'autres options que l'augmentation de prestations sociales.

Si le remplacement de certains médicaments par des génériques peut réduire la consommation et le cout de remboursement des médicaments, qu'en est-il de l'augmentation du forfait hospitalier ? Sur une retraite de 900€, cette augmentation de 2 euros devient effrayante pour une hospitalisation de plusieurs semaines pour un(e) retraité(e)! Est-ce véritablement une solution de tondre un peu plus les Français pour combler l'abysse de la sécurité sociale ? De même, ne pourrait-on pas envisager une alternative à la prise en charge total des immigrés malades, comme celle d'un dispensaire payé par les pays d'où proviennent ces migrants? Le choix de diminuer les taux de remboursements et de taxer des contrats d'assurance-vie relèvent plus de la "mesurette" et du "courtermisme" que de la réforme dont aurait besoin cette institution si chère aux Français depuis 1945.



Sources: Reuters, Accueillir ou reconduire - Enquête sur les guichets de l'immigration d'Alexis Spire Editions Raisons d'agir.

France: Politique, Sarkozy et l'opération "jeunesse"

Dans son discours du 29 septembre dédié aux "forces vives de la Nation", le Président de la République a annoncé une série de mesures à l'attention des jeunes travailleurs et universitaires. La plus marquante est celle de l'extension du Revenu de Solidarité Active (RSA, remplaçant du RMI) aux jeunes de moins de 25 ans qui ont travaillé pendant au moins deux ans pendant les 3 dernières années. Cette mesure casse un des tabous de la droite depuis de nombreuses années: la non-accessibilité du RMI aux jeunes, le "RMI-jeune" étant vu par une partie de la majorité comme une forme d'assistanat dès l'entrée sur le marché du travail. La limitation du RSA aux jeunes ayant déjà travaillé semble avoir rassuré les députés UMP réticents à cette mesure, comme l'indique Hervé Mariton juste après le discours du Président sur LCI.

D'autres mesures semblent aller dans le sens d'une meilleure formation professionnelle des étudiants: Nicolas Sarkozy a promis la mise en place d'une alternance université/entreprise pour pallier le manque de formation professionnelle , ainsi que l'interdiction des stages non conventionnés pour mettre fin à l'exploitation des entreprises de certains stagiaires comme des "sous-employés non payés" a-t-il indiqué. En outre le Président a promis que les stages de plus de 3 mois seraient désormais rémunérés. Indiquant que ces paroles n'étaient "pas des idées mais des axes de route", on sait que le chemin à parcourir est encore très long.

Le budget alloué pour une telle entreprise en faveur des 15-24 ans, dont le taux de chômage est largement supérieur à la moyenne nationale (de 10 à 20%), dépassent désormais les 500 millions d'euros. Les cris d'orfraies des parlementaires libéraux et partisans de la rigueur de la majorité ne devraient pas tarder à se faire entendre..."Investissements pour l'avenir du pays" leur rétorque le Président français, dont le gouvernement présente un budget pour 2010 avec un déficit record dû à la crise au creusement des déficits de certaines entreprises publiques.

Le Président fut plusieurs fois applaudit pendant son discours par les membres du gouvernement, les députés et les nombreux jeunes présents dans la salle. Reste à savoir désormais si ces promesses seront suivies par des actes !

Sources: Reuters, LCI: Discours en direct du Président de la république du 29 septembre 2009.