jeudi 1 octobre 2009

France: Le Parti Socialiste de Martine Aubry veut changer...mais en est-il capable?


A la direction du PS, Martine Aubry lance sa dernière trouvaille: un vote avec onze questions pour un "Nouveau Pari Socialiste". Une fois de plus, on entend revenir le refrain de "rénovation", mot leitmotiv après chaque défaite électorale pour un parti qui sait les enchainer sans jamais s'y dérober. Déjà, immédiatement après l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007, Ségolène Royal appelait à la rénovation du parti, suivie par tous les eléphantaux quadragénaires désireux d'envoyer au cimetière les vieux pachydermes qui avaient fait leur temps. Entre Martine et Ségolène, chacune a dans ses tiroirs "sa rénovation du PS", l'ex-candidate à la présidentielle n'a toujours pas digéré le fait de s'être fait ravir le trône socialiste, surtout depuis les révélations de fraudes dans le livre Hold-uPS, arnaques et trahisons rédigé par deux journalistes d'investigation qui a plongé tout le PS dans un trouble dont il se serait bien passé.

Martine Aubry a une légitimité à conquérir, une affirmation de puissance et d'assurance à démontrer. Elle doit faire oublier ses larmes de tristesse et de rage qu'elle a difficilement pu retenir devant les caméras au soir du 7 juin 2009, dernière défaite en date de la Rose flétrie. Et pourtant, il tourne le PS! oui, avec les élus de municipalités, de régions et de circonscription qui bien souvent cumulent les mandats. Ce cumul des mandats que Madame Aubry ne voudrait plus voir mais dont la suppression ne ferait qu'agrandir les trous béants dans la coque du navire PS, au point d'en faire un Radeau de la Méduse sans capacité de survivre aux vagues tumultueuses du monde politique et des futurs élections régionales. Martine Aubry a d'ailleurs jugé prudent d'éviter d'énoncer cet écueil devant les élus locaux, ainsi que l'idée de "parité totale" au sein du parti. Les élus locaux sont le poumon du PS, la seule force qui lui permet de vivre politiquement puisque les idées nouvelles ont déserté ce parti depuis bien longtemps.

Entre les mains de ces dirigeants, le PS, jadis l'étoffe de la gauche, s'est transformé en couverture que chacun veut tirer de son côté, au point de la déchirer et de la recoudre sans arrêt, de telle sorte qu'elle apparait bien laide ainsi rapiécée aux yeux de ses militants qui jadis s'en drapait pour en défendre la couleur. Parmi les deux cents mille adhérents-militants, combien iront voter? on s'attend à une abstention record, signe d'une campagne atone et sans entrain, d'une démoralisation des troupes avec la révélation de fraude. Martine Aubry a beau promettre des lendemains qui chantent aux militants; la grande rénovation, mot usé à gauche jusqu'à la corde,ne les fait plus rêver.

Un nouveau coup pour rien à gauche ? Martine Aubry joue gros, elle sait que si elle est désavouée lors de ce vote, sa position à la tête du parti deviendra de plus en plus intenable, et sa rivale du Poitou aura , en dépit de gagner la tête du parti, réussi à la faire perdre, et aura un espace pour s'affirmer, et qui sait, aller tel Balladur en 1995, seule à l'assaut de l'Elysée en 2012!

Sources: Reuters, Le Monde, Le Figaro, Libération.







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