lundi 12 octobre 2009

France: Politique: Fils de...



Jean Sarkozy, le fils cadet du Président de la République est pressenti pour prendre la tête de la présidence de l’EPAD (l’Etablissement Public et d’Aménagement de la Défense) des Hauts-de-Seine. Déjà président du groupe UMP régional des Hauts-de-Seine dès 21 ans, il en a aujourd’hui 23, veut profiter du départ de Patrick Devedjian, Ministre de la Relance, fêtant ses 65 années, âge de la retraite signant la fin de sa présidence de l’EPAD.


« La valeur n’attend pas le nombre des années » objectera-t-on en nous citant Le Cid de Corneille. Il n’empêche : un jeune homme de 23 ans entamant sa deuxième année de droit est-il capable de gérer un tel poste, de telles responsabilités qui dépassent largement celles d’un responsable d’un conseil général de département ? Même si cette fonction est plus représentative qu’active, il n’en reste pas moins que ce poste requiert certains pré-requis indispensables à la compréhension du fonctionnement d’un tel poumon économique. On peut se permettre de douter de Jean Sarkozy au vu de son parcours : à 23 ans, il n’a qu’une année de Licence validée alors qu’un jeune homme du même âge dans le cycle universitaire normal achève sa deuxième année…de Master. On peut aussi douter du fait que ce soit Jean Sarkozy qui gère lui-même les prochains travaux pour la Défense...


« Comme au temps de l’Empereur »


La gestion de l’EPAD n’est pas une mince affaire : La Défense est le premier pôle d’affaires économiques et financières européen. La réalité semble s’imposer d’elle-même à ceux qui ne sont pas dupes. Tel père tel fils ! Le départ de Devedjian est une aubaine pour affirmer la prééminence du clan Sarkozy dans l’Ouest parisien. Déjà la polémique enfle en France : « Népotisme ! », « Favoritisme ! » dit-on au PS comme Laurent Fabius et Ségolène Royal, et chez les Verts avec Cécile Duflot ou encore « République bananière ! » chez DLR de Nicolas Dupont-Aignan.


Nicolas Sarkozy tel un Napoléon, qui, a défaut d’avoir eu un bref instant l’Europe en main un trop court instant, cherche à contrôler tout ce qu’il peut en France, entend placer ses proches à des postes-clés surtout sur ses terres de prédilection. La mainmise du Président sur tous ses secteurs : politiques et économiques donne une image très différente de notre République au monde: on a pu voir dans le journal britannique The Guardian une boutade moqueuse des journalistes, qualifiant le fils cadet du président du titre peu enviable de « Prince Jean » dans la « Sarkozyville » . Jusqu’à la télévision chinoise qui s’est étonnée d’un tel « placement » du fils par le père. On pourra objecter que la télévision d’une dictature communiste autoritaire n’a que peu de valeur, The Guardian n’en est pas moins un journal recommandé et sérieux d’une démocratie libérale européenne…


Les tentatives de justification d’une telle candidature de certains parlementaires UMP prêtent plus à rire qu’à pleurer : Pascal Balkany affirme que « Cela n'a rien à voir avec le fait qu'il soit le fils de son père. Ce n'est pas parce qu'il est le fils du président de la République qu'il est là, c'est parce qu'il a le talent pour le faire. » Quel beau parrainage… Dominique Paillé, député UMP, a lui aussi décider de faire dans l’humour : « La vie politique est peuplée de gens qui sont arrivés très jeunes, très tôt sans véritablement être super diplômés et c'est une chance parce que cela permet l'ascenseur social » c’est sûr que le fils d’un président de la République a besoin d’un ascenseur social, étant donné la difficile position du père. Le père, omniprésent jusque dans la bouche de son parlementaire Frédéric Lefèvre dont la fidélité et le dévouement n’ont pas de limites : « Le procès d'intention qui est fait aujourd'hui à Nicolas... à Jean Sarkozy est détestable » Magnifique lapsus de circonstance, qui rappelle qui est aux commandes. Hormis ce lapsus, certains parlementaires de la majorité récitent leur fable qui semblent leur avoir été dictée.


Oui, notre République offre ainsi au monde un visage inconnu et étrange. Alors que celle-ci était fondée jadis sur la méritocratie, elle semble s’abimer dans des actes dignes d’un Troisième Empire français. Signe d’un changement des temps ou retour vers les dynasties royales?


Sources : AFP, France 2, Rue 89, Le Nouvel Observateur.

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