
La Poste est aujourd'hui dans le collimateur de la privatisation. La grêve de la semaine dernière notamment dans la région parisienne ne semble pas avoir eu d'effet, comme en témoigne "la résignation des salariés non-grévistes" (Le Monde du 21 septembre) et le faible suivi de la grève sur seulement quelques jours et avec une proportion très faible du nombre de grévistes (environ 17% selon Le Figaro.) La Poste entend faire comprendre au gouvernement sa détermination à ne pas vouloir subir le même sort que GDF et à devenir une SARL. Cela aboutirait à la fermeture de nombreux bureaux de poste dans les municipalités rurales, et à l'arrivée d'agences postales communales où les employés postaux deviendraient progressivement des employés de la commune.
On peut s'attendre à ce qui s'est passé en Belgique ou en Hollande: une diminution drastique des bureaux de poste (au point qu'en Belgique, le nombre de bureaux postaux a été quasiment divisé par deux) qui conduit à un allongement des files d'attentes, et une augmentation du prix du timbre dans les zones les moins peuplées (comprenez: dans les zones rurales.)
La politique européenne intervient aussi dans le cadre d'une demande de la Commission européenne de Bruxelles d'ouvrir à la libre concurrence tous les secteurs, y compris celui de La Poste, dernier service public exclu de libéralisation jusqu'à aujourd'hui ( Le Nouvel Observateur du 23 juin 2008.) En 2008, la Commission européenne a estimé que le début de cette libéralisation devait commencé dans l'année 2009 et être achevée en 2011. Les employés sont dorénavant prévenus et savent ce qui les attend !
Sources: Le Nouvel Observateur, Le Monde, Le Figaro, AFP, Reuters.

