mardi 8 décembre 2009

France: Lycée: Le gouvernement veut rendre optionnel l'Histoire-Géographie en Terminale S.

La réforme du lycée est de nouveau d'actualité! Un récente pétition d'une vingtaine de chercheurs, d'historiens et de géographes ont mis à jour dans le JDD, l 'un des pans de la réforme du gouvernement face à laquelle ces chercheurs s'inscrivent en faux: rendre la matière "Histoire et Géographie" optionnelle pour les élèves de Terminale Scientifique. Alors que le gouvernement a lancé début novembre un grand débat sur l'identité nationale, il est curieux de voir que ce même gouvernement prévoit un allègement d'une matière où l'on apprend non seulement l'Histoire du monde, mais aussi l'Histoire de France de 1945 à 2009.

Aussi bien chez les professeurs que chez les lycéens de la filières scientifique, cette annonce du gouvernement fait se lever un concert de critiques à l'unisson. Les professeurs y voient une mesure empreinte d' "utilitarisme à courte vue, qui se trouve en contradiction avec les objectifs proclamés du système éducatif français sur le plan de la formation intellectuelle, de l'adaptation au monde contemporain et de la réflexion civique des futurs citoyens". Cela, pour les professeurs est fait pour réduire sans nul doute les postes de professeurs au lycée au nom de la sacro-sainte doctrine du "non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux". Chez les élèves, c'est une "matière importante pour la culture générale qui disparaitrait", "une matière essebntielle qui permet aussi de comprendre l'actualité." On peut aussi noter que la filière S est de moins en moins scientifique et de plus en plus généraliste, car elle peut ouvrir beaucoup de portes. Selon une récente étude notée dans Le Télégramme (presse régionale bretonne) 51% des élèves de terminale sont en filière S. La mise en option de l'histoire-géographie priverait donc d'accès de nombreux élèves à d'autres études supérieurs que des études scientifiques. On pense notamment au concours de Sciences Po.

Il est d'autant plus étonnant que l'inspirateur de cette réforme ne soit autre que Richard Descoings qui est directeur de...Sciences Po Paris! Arrivé comme la cavalerie auprès de son ministre Luc Chatel, il explique qu'il y aurait une "hausse du temps" consacré à cette matière en première". Dans le même temps, il affirme qu'il souhaite, avec le ministre de l'Éducation, rendre plus généralistes les trois filières dès la première. A moins d'un doublement des horaires d'histoire-géographie en première, les professeurs voient mal comment assurer en première S l'enseignement de presque deux années de programme!

L'étonnement vient aussi des deux principales fédérations de parents d'élèves, la Peep et la FCPE. ces deux fédérations rituellement opposée par un clivage traditionnel respectif droite et gauche se sont alliées pour défendre la mise en option de l'Histoire-Géographie, dénonçant le "corporatisme" des professeurs davantage soucieux de défendre leurs heures de cours que l'intérêt des élèves. Le conflit de générations est on ne peut plus clair entre les parents et leurs rejetons entre la mise en congé d'une matière et sa défense pied à pied !

A la pétition de vingt chercheurs, se sont joints plusieurs hommes politiques: les dix-huits députés du Parti radical de Gauche (PRG) ainsi que des députés non-inscrits.

Sources: 20 minutes du 8 et 9 décembre 2009, Le Télégramme (9/12/2009), Reuters du 8 décembre 2009.

vendredi 20 novembre 2009

France: Réforme des collectivités territoriales.


"C'est parti" pourrais-t-on dire! La réforme des collectivités territoriales est en marche, proposée hier par le Premier Ministre François Fillon face aux maires conviés pour l'évènement. Nicolas Sarkozy, dont l'absence fut déploré hier dès l' arrivée du Premier Ministre à la tribune par des invectives telles que "Il est où Sarko?" avant et après le discours de présentation de la réforme des collectivités territoriales. Le président a en effet préféré aller voir le roi Abdallah d'Arabie Saoudite plutôt que d'affronter la vindicte des maires irrités par le flou enrobant la compensation de la taxe professionnelle (dont la mort programmée est imminente) qui rapporte plusieurs milliards d'euros chaque année aux 36 000 communes de France. Le Président Sarkozy a tenté de se rattraper en affirmant qu'il recevra aujourd'hui "plus de 700 maires à L'Elysée" pour "une séance de questions-réponses sur la fameuse réforme.

La réforme ne concerne pas uniquement la suppression de la taxe professionnelle, source importante de revenus pour les communes. Elle concerne "le mille-feuille administratif et territorial à la française". Si en effet, le découpage territorial mène à un enchevêtrement terrible des niveaux de compétences et à une confusion complexe des attributions de fonds, le gouvernement prévoit de" faire le ménage" en supprimant le niveau de compétences entre le département et la commune et en le mettant au niveau des collectivités de communes et du département. On imagine facilement le pourquoi de la colère des maires dont le rôle sera immanquablement diminué dans les communes les moins importantes. Surtout que les élus locaux, dont le gouvernement prévoit la suppression de 5000 à 6000 d'entre-eux jouissent d'une grande admiration dans les communes auprès des citoyens car ils sont les acteurs des changements les plus visibles. Personne en revanche ne conteste qu'une réforme soit nécessaire.Mais la question est toujours la même quand on réforme: "comment réforme-t-on?"

Le président et le gouvernement en ont décidé ainsi: on rajoutera un autre niveau de compétence: la métropole, de même qu'on créera le poste de responsable des collectivités de communes, en même temps qu'on va supprimer les postes de plusieurs personnes assurant le fonctionnement des communes... En même temps qu'est voté la suppression de la taxe professionnelle, on rajoute donc un autre niveau de compétence assez flou. La taxe professionnelle en moins, assurée d'être remboursée seulement pendant la première année laisse les élus locaux et les maires face à un dilemme: réduire terriblement leur dépenses pour les communes ou faire monter les impôts locaux pour financer de nouveaux projets. "La politique, c'est d'avoir le choix entre plusieurs inconvénients" rappelait Pompidou en 1972. Le gouvernement Fillon l'exprime ici avec brio en mettant les maires et les élus face à un choix on ne peut plus difficile...

Et s'il ne s'agissait que de cela! Les maires s'inquiètent d'un autre volet de cette réforme: le transfert de compétences qui dans certains cas amèneraient les maires des plus petites communes à perdre certaines prérogatives en matière de décision (notamment budgétaires) au profit d'élus de collectivités de communes...

L'inquiétude des députés-maires à l'assemblée nationale ne rend pas ce sujet anodin. De même, la fronde de vingt-cinq députés menée par Jean-Pierre Raffarin a tenté de faire blocage au projet de loi sur les collectivités territoriales. Mais cette fronde s'est étiolée après un passage du chef des frondeurs à l'Elysée... Cette réforme a aujourd'hui toutes les chances de passer au journal officiel.

Sources: Le Figaro, Reuters, AFP.

mercredi 11 novembre 2009

France: Economie: Le Grand Emprunt en débat au gouvernement...

La commission chargée de la mise en place du grand emprunt, coprésidée par les anciens Premiers Ministres Michel Rocard et Alain Juppé, vient de rendre son avis sur le montant du grand emprunt: le montant sera donc de 35 milliards d'euros, "en deux fois", précise Michel Rocard.

En levant le voile sur le montant du grand emprunt voulu par la majorité présidentielle, la commission Rocard-Juppé met fin aux petites querelles internes de la majorité présidentielle où l'on désirait comme Henri Guaino 100 milliards d'euros d'emprunt ou comme le président de la République lui-même, 25 milliards d'euros. Une autre annonce est capitale dans ce dossier: la non-participation des particuliers au grand emprunt, celui-ci ce fera sur les marchés financiers que cela est fait très souvent par l'Etat sous la Vème République. Comme Michel Rocard l'a rappelé, "la France emprunte chaque année entre 250 et 300 milliards d'euros sur les marchés. « Pourquoi les particuliers en sont alors exclus? » Réponse de la Commission: il faudrait attirer les particuliers avec un taux d'intérêt supérieur, « ce qui coûte plus cher et ne vaut pas le coup » rajoutent messieurs Rocard et Juppé.

La véritable question est bien sûr: "à quoi tout cela va-t-il servir ?" Selon la commission qui a remit son rapport aujourd'hui à l'Elysée pour les "investissements de l'avenir", il s’agit de doper la compétitivité de la France dans la globalisation par la croissance en investissant dans la recherche qui pâtit depuis des années d’un manque flagrant d’investissement de la part des pouvoirs publics, et notamment dans « les sciences du vivant, les énergies renouvelables, les mobilités futures dont l’aéronautique.» Parmi les 35 milliards d’euros, 16 milliards iront donc dans l’enseignement supérieurs et la recherche. Les experts entendent aussi privilégier l’économie numérique et l’innovation au sein des PME.


Pour quérir les capitaux nécessaires à ces financements, l’AFT (Agence France Trésor) devra demander aux entreprises du CAC 40 de lui envoyer des fonds avec leur bénédiction pour réaliser de tels projets. Déjà, certains à droite comme à gauche dénonce ce « mini-grand emprunt » qui ne serait pas suffisant pour tirer la France du bourbier économique et social dans lequel elle se trouve actuellement. 35 milliards d’euros d’emprunt peut sembler ambitieux pour un pays moyen de la zone Euro, mais peut-être pas suffisamment pour une puissance comme la France, qui tient à son rang de prestige dans l’Europe des 27. Il ne faudrait pas en effet que la France rate le coche de la reprise économique et reste à la traine derrière ses voisins européens que sont le Royaume-Uni et surtout l’Allemagne. De même, il est impératif que ce grand emprunt serve les intérêts des Français pour la préparation de leur avenir lorsque la reprise –qui se fait attendre- sera de retour.


Hors grand emprunt, la dette du pays est de 1134 milliards d’euros et devrait augmenter de 85 milliards d’euros d’ici 2010. Il est donc plus qu’urgent que le grand emprunt soit un déclencheur ambitieux de la croissance future et non un creuseur de la dette publique. Bientôt, Nicolas Sarkozy devra annoncer les secteurs retenus et les contours de l’emprunt, la commission n’ayant qu’un avis consultatif. Espérons que le président Sarkozy saura faire un choix juste et audacieux quant au montant du grand emprunt et au choix des domaines d’investissement, bien que ce plan aurait pu être fait après l’arrivée de la crise en Europe...


Sources : AFP, Reuters, Direct matin, Lyon Plus, 20 minutes.

France: politique, Charles Pasqua fera ses "révélations" demain.

Charles Pasqua est de retour "aux affaires"! L'ex-ministre de l'Intérieur et actuel sénateur des Hauts-de-Seine est condamné à trois ans de prison ferme dans l'affaire de "l'Angolagate", qui implique une vente d'armes illégale à l'Angola dans les années 1990. Depuis que cette sentance est tombée, ce "vieux roublard de la politique" comme il est parfois surnommé, ne cesse d'appeler -à la radio et sur les plateaux-télé- à la levée du Secret-Défense, qui pour l'instant, selon lui, protège certaines personnalités politiques. Une façon à peine voilée de dire qu'il n'est pas le seul dans le scandale de la vente illégale d'armes à l'Angola...

Charles Pasqua va encore plus loin en nommant même ceux qui seraient protégés par le Secret-Défense et qui sont pourtant en plein démélé judiciaire ou qui viennent tout juste d'en sortir, c'est-à-dire Jacques Chirac et Dominique de Villepin. c'est à eux que Pasqua promet de "rafraichir la mémoire" car il ne veut pas être "le seul à tomber".

Dès demain, Charles Pasqua sera présent dès 15h00 au Palais de justice, où dit-il, il apporte "des preuves matérielles" de l'implication de l'ancien président de la République et de l'ancien Premier ministre dans cette affaire. A n'en pas douter, si les affirmations de Charles pasqua sont exactes, de nombreuses révélations en cascade devraient venir tâcher la réputation de ses deux anciens collaborateurs.

La Chiraquie, qui n'a pas su avoir d'héritier présidentiable, est maintenant entrain de s'autodétruire sur ses propres vestiges. Si Dominique de Villepin, qui vient de sortir sans trop de casse de l'affaire Clearstream, est trop impliqué dans l'affaire de l'Angolagate, alors ses rêves d'espoirs pour s'opposer à Nicolas Sarkozy en 2012 ont toutes les chances d'exploser en vol. C'est un tragédie politique pour ceux qui la vive. Une tragédie chiraquienne. Et nous sommes peut-être au dernier acte...

Sources: France-Soir, AFP, Reuters, L'Express.

France: Politique, Jacques Chirac ira bien au tribunal.


Dans une interview exclusive donnée au journal quotidien Le Figaro, l'ancien président de la République a annoncé son intention de se rendre au tribunal, suite à son renvoi en correctionnel par la juge Xavière Siméoni, pour s'expliquer sur vingt-et-un emplois de la Mairie de Paris, qui pourraient être fictifs. L'ex-président assure qu'il dira "la vérité" pour "cette page soit définitivement tournée". Récemment félicité par Nicolas Sarkozy en personne pour la fondation qui porte son nom, Jacques Chirac se retrouve une fois de plus mélé à une affaire judiciaire qui n'avait pas pu aller à son terme à cause de ses douze années d'immunité en raison de ses deux mandats présidentiels.

L'affaire de la mairie de Paris du temps où Chirac en était le maire a connu beaucoup de soubresauts: plusieurs fois arrêtée et relancée, elle semble aujourd'hui arriver à son terme après plus de vingt ans de tribulations politico-judiciaires. C'est une première, malgré tout dans l'Histoire de la Vème République qu'un ancien président est assigné en justice et sera peut-être condamné pour des faits qui se sont déroulés avant sa présidence.

Seul l'avenir des prochains mois nous dira si oui ou non, un ancien président de la république française peut être condamné malgré le prestige de son ancienne fonction qui peut servir de bouclier!

Sources: Reuters, le Figaro, AFP

mercredi 28 octobre 2009

Sarkozy, l'agriculture, la terre, les aides, les prix et..Bruxelles


C'est donc dans le Jura que fait escale le président de la République pour parler aux agriculteurs, qui manifestent depuis la rentrée, surtout dans le domaine laitier, contre la hausse des prix qui fait qu'ils vendent désormais à perte et ne peuvent plus vivre raisonnablement de leur métier. Mais le problème agricole s'étend à presque toutes les filières : de la viande au lait en passant par le vin, la pêche et les fruits & légumes, c'est tout un pan de notre agriculture qui dépérit petit-à-petit, lentement mais sûrement...

Bruno Lemaire, ministre de l'agriculture, avait récemment annoncé que l'Union Européenne avait débloqué plusieurs millions d'aide pour l'agriculture française dans le cadre de la Politique Agricole Commune (PAC). Cela n'a pas eu d'effet sur le mécontentement manifeste des agriculteurs et surtout des producteurs de lait qui ont déversé des litres de lait sur les CRS et dans les rues de la capitale française et européenne. Cette manifestation fut relayée ail y a quelques jours par les autres filières agricoles. La promesse de Nicolas Sarkozy d'un milliard de prêts bonifiés et de 650 millions d'euros d'aides risque elle aussi de faire... chou blanc.

Etant un habitué des messages plus ou moins discrètement envoyés à ses ministres et à son électorat, le président de la République a fait d'une pierre deux coups en affirmant son attachement à la terre et "le lien charnel qu'a la France avec son agriculture, qui est un élément de notre identité nationale". Une façon comme une autre de soutenir le "vaste débat" que veut lancer son ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Dévelopement solidaire, Eric Besson.

Plus concrètement, on assiste à une véritable myopie du pouvoir politique. Que ce soit Michel Barnier ou Bruno Lemaire ou encore Nicolas Sarkozy, aucun ne semble comprendre le monde agricole rural, pourtant parti intégrante de l'électorat de droite depuis fort longtemps. Loin d'un Jacques Chirac qui restait des heures au Salon de l'agriculture de Paris ou qui arrosait les agriculteurs de subventions en Corrèze du temps où il était député sous Pompidou, en 1971. La droite parlementaire semble avoir oublié cet électorat fidèle en se rapprochant de plus en plus du CAC 40 et de la finance mondialisée, perdant le sens de la réalité terrestre. Les agriculteurs ne veulent pas mourir ou survivre en devenant les fonctionnaires du monde rural avec des subventions de la PAC. Ils aspirent à pouvoir de nouveau à vivre du fruit de leurs efforts et de la terre.

Ce n'est que lorsque la droite UMP aura compris cela que ses rapports avec le monde agricole se détendront.


Sources: Reuters, France Soir, Le Figaro.

Vous avez dit "identité nationale" ?


Certains diront que cela est défini depuis longtemps, d'autres qu'il y a matière à réouvrir le débat tout de suite et d'autres que cela indiffère complètement...

Eric Besson, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire a lancé lors du débat LCI-Le Figaro-RTL dimanche dernier l'idée d'un grand débat en france sur l'identité nationale afin de répondre à la question cruciale qui est: "qu'est-ce qu'être français ?" Lors du débat LCI-Le Figaro-RTL, Eric Besson a mis en exergue "la burqa" comme "contraire aux valeurs républicaines et françaises", ce qui l'amène à affirmer que prochainement, des questions, des débats seront amenés sur la scène publique par l'entremise des préfets, sur notre identité nationale.

Parmi les observations du ministre Besson, on trouve l'idée de faire entendre la Marseillaise aux Français une fois par an, de réaffirmer les valeurs et les principes républicains., ainsi que la connaissance de notre propre histoire. Pourquoi pas dirait-on? Mais le débat risque d'être parasité par le fait que le ministère de monsieur Besson s'occupe à la fois de l'identité nationale et de l'immigration. Une question se pose alors: se définit-on par rapport aux étrangers? L'identité et la culture françaises sont-elles adversaires d'identités et de cultures présentes dans d'autres pays ?

Un autre problème se pose: lorsque le thème des symboles français et républicains est abordés en France, ressort une fois de plus le spectre du Front national. Depuis que la gauche et une partie de la droite ont jeté aux orties tout ce qui avait trait au national, il est devenu suspect de parler de d' "identité nationale" ou d' "identité française", puisque le parti de Jean-Marie Le Pen a récupéré dans la rivière tout ce qui a été évacué depuis Valéry Giscard d'Estaing, jusqu'à Nicolas Sarkozy en passant par François Mitterrand et qui faisait la richesse de notre patrimoine commun. Aux fers, donc, le drapeau, Marianne, l'hymne national, emprisonnés dans les mairies ou recyclés dans le sport, lorsque l'hymne national n'est pas sifflé par des supporters pourtant français...

Quelle image n'avons-nous pas donné depuis trente ans au monde ! La nature ayant horreur du vide, nos politiques ont cru bon de remplacer cela par l'Europe (oubliant qu'on ne fait pas une cohésion inter-nations avec des quotas laitiers ou des taux de déficit indépassables.) Quand l'Europe est trop lointaine, il fallait une compensation: ce fut "l'antiracisme" et le "métissage"; l'antiracisme sous Mitterrand comme machine de guerre à agiter le chiffon brun vers la droite pour la lier avec le FN pour mieux la briser, et le métissage pour justifier la mondialisation, l'arrivée massive de migrants dans les années 1980 avec l'utilisation accrue du regroupement familial dans les banlieues; faisant oublier que la France pratiquait le métissage depuis Clovis, jusqu'à la IVème république en passant par les conquêtes de territoires des rois de France et des révolutionnaires, par le biais d'une assimilation culturelle et politique des nouveaux venus sans cesse modifiée et adaptée en fonction des conditions historiques.

Entre le pusilianisme de certains de nos politiques au pouvoir et l'acharnement nationaliste d'autres qui en sont exempts, il y a un manque de débat et déjà un afflux de polémique!

Sources: Le Nouvel Observateur, Reuters, Le Point, AFP.





Kaboul-Calais-Kaboul

Une fois de plus, l'immigration est au coeur de l'actualité médiatique. Le 22 octobre 2009, un avion de 27 Afghans groupés par le Royaume-Uni et la France (24 viennent du Royaume-Uni et seulement 3 proviennent de France) a décollé de Calais pour Kaboul. Pour le ministre de l'Immigration, de l'Intégation et de l'Identité nationale et du développement solidaire Eric Besson, cette mesure se fait dans le cadre légal du "refus de la demande d'asile".

Le ministre Besson semble affirmer que les Afghans renvoyés habitent dans la région de Kaboul, alors que des associations rétorquent sur la Toile que l'un d'entre eux serait originaire d'une région particulièrement sous tension dans le sud du pays. Les destins de ces ex-migrants afghans semblent ne tenir qu'à un fil dans ce pays en proie à la guerre.

Durant le soirée où ce vol devait partir pour Kaboul, des personnes d'associations de soutiens sont venues soutenir les Afghans ex-candidats à l'asile politique ont manifesté leur mécontentement et leur volonté de faire plier le gouvernement français. Peine perdue. Le vol Calais-Kaboul aura bien lieu. C'est au tour de l'oppostion parlementaire de vouer aux gémonies l'executif: Pour les socialistes, c'est le "charter de la honte", reprise en coeur du mot de Martine Aubry, ainsi qu'une "entreprise terriblement scandaleuse" pour le groupe communiste de madame Buffet.

Une question se pose: le gouvernement, qui promet entre 27 000 ou 28 000 éloignements ou expulsions par an, ne fait-il pas figure de "petite main" pour son électorat le plus à droite? Quitte à faire une véritable reconduite dans le pays d'origine, certeins membres de l'UMP se demandent surement: "Seulement trois?" avec cynisme. Les partis de gauche parlemantaire n'en font-ils pas une affaire électoraliste à quelques mois des régionales pour réaffirmer avec force les idées susceptibles de les rassembler tous, tout comme la droite UMP qui veut afficher de la fermeté vis-à-vis de l'immigration illégale pour remobiliser son électorat.

Cette opération semble être plus une bonne opération de communication pour les deux directions des deux partis politiques que sont l'UMP et le PS: les uns réaffirment celle d'inflexibilité face à l'immigration clandestine, reprenant les thèmes de campagnes du président Sarkozy, et les autres peuvent jouer les belles âmes devant les médias, défendant le droit d'asile et l'humanité: l'occasion était trop belle. Tout le monde est gagnant!

Sources: http://immigration.gouv.fr , Reuters, Le Nouvel Observateur, Libération.

mardi 20 octobre 2009

France Télécom: un sursaut de raison face à la folie du marché


Annonce de la direction de France Télécom: suspension des restructurations dans l'entreprise jusqu'à la fin de l'année. Enfin, pourrait-on dire ! Face à la vague ininterrompue de suicides qui a commencé dès le début de l'année et qui se poursuit malgré la médiatisation de l'affaire et les annonces répétées de la direction et reprise en cœur par le gouvernement, le P-DG Didier Lombard vient de céder à l'une des revendications "phares" des syndicats et des salarié(e)s qui était la fin du Time to move et du Turn Over , largement décriés comme étant des outils du "management par la terreur" de l'ancien numéro 2 de France télécom, Louis-Pierre Wenès, remplacé depuis peu par Stéphane Richard.

La suspension momentanée des restructurations intervient peu après le vingt-cinquième suicide à France Télécom, celui d'un ingénieur quinquagénaire. Mais aussi, cela intervient dans le dernier trimestre de l'année. Une suspension des restructurarions pour trois mois ne serait-elle pas ainsi que de la poudre aux yeux jetée aux médias pour montrer des "signes encourageants d'efforts" en direction des salariés? De même, si cette annonce se révèle vraie, qu'est-ce qui empêchera les restructurations -qui ballottent les personnes de services en services- de recommencer de plus belle dès janvier 2010 ?

Depuis hier, France Télécom a lancé un questionnaire aux salariés sur le malaise et le stress au travail : dans la seule journée, l'entreprise a reçu plus de 9000 réponses... Le chiffre semble parler de lui-même en ce qui concerne la préoccupation des salariés!


Sources: reuters, l'express


lundi 12 octobre 2009

France: Politique: Fils de...



Jean Sarkozy, le fils cadet du Président de la République est pressenti pour prendre la tête de la présidence de l’EPAD (l’Etablissement Public et d’Aménagement de la Défense) des Hauts-de-Seine. Déjà président du groupe UMP régional des Hauts-de-Seine dès 21 ans, il en a aujourd’hui 23, veut profiter du départ de Patrick Devedjian, Ministre de la Relance, fêtant ses 65 années, âge de la retraite signant la fin de sa présidence de l’EPAD.


« La valeur n’attend pas le nombre des années » objectera-t-on en nous citant Le Cid de Corneille. Il n’empêche : un jeune homme de 23 ans entamant sa deuxième année de droit est-il capable de gérer un tel poste, de telles responsabilités qui dépassent largement celles d’un responsable d’un conseil général de département ? Même si cette fonction est plus représentative qu’active, il n’en reste pas moins que ce poste requiert certains pré-requis indispensables à la compréhension du fonctionnement d’un tel poumon économique. On peut se permettre de douter de Jean Sarkozy au vu de son parcours : à 23 ans, il n’a qu’une année de Licence validée alors qu’un jeune homme du même âge dans le cycle universitaire normal achève sa deuxième année…de Master. On peut aussi douter du fait que ce soit Jean Sarkozy qui gère lui-même les prochains travaux pour la Défense...


« Comme au temps de l’Empereur »


La gestion de l’EPAD n’est pas une mince affaire : La Défense est le premier pôle d’affaires économiques et financières européen. La réalité semble s’imposer d’elle-même à ceux qui ne sont pas dupes. Tel père tel fils ! Le départ de Devedjian est une aubaine pour affirmer la prééminence du clan Sarkozy dans l’Ouest parisien. Déjà la polémique enfle en France : « Népotisme ! », « Favoritisme ! » dit-on au PS comme Laurent Fabius et Ségolène Royal, et chez les Verts avec Cécile Duflot ou encore « République bananière ! » chez DLR de Nicolas Dupont-Aignan.


Nicolas Sarkozy tel un Napoléon, qui, a défaut d’avoir eu un bref instant l’Europe en main un trop court instant, cherche à contrôler tout ce qu’il peut en France, entend placer ses proches à des postes-clés surtout sur ses terres de prédilection. La mainmise du Président sur tous ses secteurs : politiques et économiques donne une image très différente de notre République au monde: on a pu voir dans le journal britannique The Guardian une boutade moqueuse des journalistes, qualifiant le fils cadet du président du titre peu enviable de « Prince Jean » dans la « Sarkozyville » . Jusqu’à la télévision chinoise qui s’est étonnée d’un tel « placement » du fils par le père. On pourra objecter que la télévision d’une dictature communiste autoritaire n’a que peu de valeur, The Guardian n’en est pas moins un journal recommandé et sérieux d’une démocratie libérale européenne…


Les tentatives de justification d’une telle candidature de certains parlementaires UMP prêtent plus à rire qu’à pleurer : Pascal Balkany affirme que « Cela n'a rien à voir avec le fait qu'il soit le fils de son père. Ce n'est pas parce qu'il est le fils du président de la République qu'il est là, c'est parce qu'il a le talent pour le faire. » Quel beau parrainage… Dominique Paillé, député UMP, a lui aussi décider de faire dans l’humour : « La vie politique est peuplée de gens qui sont arrivés très jeunes, très tôt sans véritablement être super diplômés et c'est une chance parce que cela permet l'ascenseur social » c’est sûr que le fils d’un président de la République a besoin d’un ascenseur social, étant donné la difficile position du père. Le père, omniprésent jusque dans la bouche de son parlementaire Frédéric Lefèvre dont la fidélité et le dévouement n’ont pas de limites : « Le procès d'intention qui est fait aujourd'hui à Nicolas... à Jean Sarkozy est détestable » Magnifique lapsus de circonstance, qui rappelle qui est aux commandes. Hormis ce lapsus, certains parlementaires de la majorité récitent leur fable qui semblent leur avoir été dictée.


Oui, notre République offre ainsi au monde un visage inconnu et étrange. Alors que celle-ci était fondée jadis sur la méritocratie, elle semble s’abimer dans des actes dignes d’un Troisième Empire français. Signe d’un changement des temps ou retour vers les dynasties royales?


Sources : AFP, France 2, Rue 89, Le Nouvel Observateur.

Monde: Et le prix Nobel de la paix de cette année 2009 est décerné à...

Barack Obama! Le 44ème président des Etats-Unis s'est vu décerné le prix Nobel de la Paix à Oslo, pour sa "diplomatie à la recherche de la paix", son "dialogue" et ses "travaux encourageants"... C'est en ces termes que le jury a résumé les raisons qu'il a eu de décerné à Barack Obama ce prix si prestigieux.

Le mot le plus marquant est sans doute celui d'encouragements. Disant ne pas mériter lui-même un tel honneur, le président des USA vient de se faire redorer son blason et celui de son pays, alors que les deux sont en difficultés l'un avec l'autre. A dire vrai, comment une telle distinction peut-elle arriver alors que le président américain n'a que dix mois d'exercice du pouvoir? Son ton de dialogue , ses discours sont certes en faveur de la paix, mais les actes sont longs à venir. Si une bonne politique exige du temps et ne peut se faire dans la précipitation et la rapidité, le prix Nobel arrive plus comme un encouragement que comme une récompense...


Car, soyons clair, le seul résultat visible aujourd’hui est la non-mise en place d’un bouclier antimissile en Europe orientale contre la Fédération de Russie et un réchauffement des rapports diplomatique avec celle-ci...


La volonté du président de règler le conflit israëlo-palestinien en appelant à cesser la colonisation israëlienne de la Cisjordanie palestinienne (dont le gouvernement de Benamin Netanyaou ne démord pas) , sa détermination à vouloir réconcilier les Etats-Unis avec le monde musulman dans le discours du Caire, sa main tendue jusqu'à la crampe à l'Iran et son changement de stratégie en Irak et en Afghanistan (qui tarde tout de même à se faire voir) sont autant de signes qui lui ont valu le prix Nobel, comme une fleur plantée et qu'une partie du monde attend de voir pousser.


Ce prix Nobel est comme un cadeau de Noël donné à un enfant sage au début de l'été. Qui sait-ce qu'il adviendra de la politique de paix d'Obama? Se fanera-t-elle sous la sécheresse des terribles réalités du monde? Dévira-t-elle comme un tournesol vers le soleil des intérêts immédiats? Il est encore trop tôt pour le dire, comme l'arrivée de ce prix Nobel.

Sources: AFP, Reuters

jeudi 8 octobre 2009

De l'école du mérite à l'école de la boutique....


Un nouveau projet vient de voir le jour dans les cerveaux de certains responsables de l'éducation nationale: faire gagner aux élèves une cagnotte de 10 000 € pour les récompenser du mérite -ô combien grand- de leur assiduité en cours dans les lycées professionnels! Cela sera expérimenté dans cinq communes de France. Si les fondateurs de l'école républicaine voyaient ce spectacle navrant, ils se retournerait dans leur tombe et la creuserait jusqu'au noyau terrestre!

Alors que le Président de la République, lors de la campagne présidentielle de 2007, avait mis l'accent sur la restauration de l'école du mérite, citant pèle-mêle Léon Blum et Jules Ferry, ne semble pas trouver d'incohérence entre son discours et la réalité qui se construit aujourd'hui, deux années après son élection. Alors que les jeunes auraient besoin de repères et de valeurs dans notre société de consommation, voilà que ce dispositif semble vouloir leur donner comme référent la seule valeur de l'argent et celle de l'appat du gain... A Marseille, c'est un autre dispositif qui a déjà été mis en place: un billet offrant une place pour aller voir l'Olympique Marseillais jouer ! Une récompense pour ceux qui vont en cours, l'absentéisme étant en recrudescence dans les lycées professionels (de 10 à 20% d'absences par classe en moyenne!)

Xavier Darcos, ministre de l'éducation, n'a pas soufflé mot de cela: il y a un sujet plus intéressant aujourd'hui pour le gouvernement. On l'a invité sur le plateau de RTL pour parler des...tendances touristiques de François Mitterrand en Thaïlande à Bankhok, capitale mondiale de la prostitution infantile comme chacun le sait. Sujet ô combien intéressant pour les Français que La mauvaise vie du ministre de la culture.

Plus sérieusement, alors que Nicolas Sarkozy a annoncé le nom remplacement d'un fonctionnaire sur deux dans tous les domaines, y compris l'éducation, voilà que l'on va se mettre à distribuer des sommes folles à des classes de lycées pro, alors que cet argent pourrait être investi -par exemple- pour embaucher des conseillers d'orientation pour mieux guider et encadrer les fameux "décrocheurs" que le Président a dit vouloir faire disparaître du système scolaire dans son discours à la jeunesse récemment... Mais non, plutôt que trahir cette règle d'or destinée à limiter-les-dépenses-de-l'état en supprimant des fonctionnaires utiles à la formation des forces vives de la Nation, on préfère les rémunérer avant qu'il commence à travailler sous le fallacieux prétexte de les faire revenir à l'école. La responsabilité des parents est alors en question, chose que n'évoque jamais les politiques par crainte de perdre des électeurs. On croyait que l'assistanat était refusée par la droite française, mais elle semble vouloir le laisser s'installer.


Sources: Reuters, LCI.

vendredi 2 octobre 2009

France: Politique: récidive et castration chimique en débat.


L'assassinat d'une femme de 42 ans par un récidiviste violeur relance une fois de plus le débat sur la récidive et sur la castraction chimique des criminels et délinquants sexuels.

Nicolas Sarkozy a assuré aux proches de Marie-Christine Hodeau morte étranglée par un récidiviste qui fut condamné à onze ans de réclusion pour viol sur mineure, que tout serait fait pour revoir le suivi des personnes condamnées, notamment en terme de crimes et délits sexuels.

En ce qui concerne la récidive, celle-ci , dans ce cas là n'aurait jamais eu lieu si le condamné avait purgé sa détention jusqu'au bout. Condamné en 2000 pour viol, il aurait dû rester en prison juisqu'en 2011 (L'Express du 1er octobre 2009). Libéré en conditionnelle début 2007, cet élément montre un fait marquant: on libère désormais plus tôt en invoquant la bonne conduite, souventpour masquer le manque de place en prison et le besoin de faire "tourner les cellules" accueillant les détenus, déjà engorgées. Le violeur récidiviste n'aura donc purgé que six années sur onze de sa peine...La mort de Marie-Christine Hodeau aurait sans doute pu être évité si les peines étaient appliquées jusqu'au bout.


Michelle Alliot-Marie clame sa volonté de mettre en place, comme au Canada, la castrasion chimique des détenus "sur la base du volontariat" a-t-elle indiquée. Dans le cas contraire, le détenu continuera à purger sa peine. Encore faudrait-il que cela soit applicable! Les dernières lois votées sous Chirac et Sarkozy sont toujours peu appliquées du fait du manque de budget de la justice. Les juges d'application des peines sont les premiers à le déplorer.

Un doublement du budget de la justice serait plus que bienvenu! Comment en effet faire appliquer la loi si l'on n'en a pas les moyens ? Quand l'Allemagne et le Royaume-Uni consacre dans les dépenses publiques deux fois plus que la France pour la justice, on est en droit de se poser quelques questions...

Sources: Reuters, L'Express.

jeudi 1 octobre 2009

France: Le Parti Socialiste de Martine Aubry veut changer...mais en est-il capable?


A la direction du PS, Martine Aubry lance sa dernière trouvaille: un vote avec onze questions pour un "Nouveau Pari Socialiste". Une fois de plus, on entend revenir le refrain de "rénovation", mot leitmotiv après chaque défaite électorale pour un parti qui sait les enchainer sans jamais s'y dérober. Déjà, immédiatement après l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007, Ségolène Royal appelait à la rénovation du parti, suivie par tous les eléphantaux quadragénaires désireux d'envoyer au cimetière les vieux pachydermes qui avaient fait leur temps. Entre Martine et Ségolène, chacune a dans ses tiroirs "sa rénovation du PS", l'ex-candidate à la présidentielle n'a toujours pas digéré le fait de s'être fait ravir le trône socialiste, surtout depuis les révélations de fraudes dans le livre Hold-uPS, arnaques et trahisons rédigé par deux journalistes d'investigation qui a plongé tout le PS dans un trouble dont il se serait bien passé.

Martine Aubry a une légitimité à conquérir, une affirmation de puissance et d'assurance à démontrer. Elle doit faire oublier ses larmes de tristesse et de rage qu'elle a difficilement pu retenir devant les caméras au soir du 7 juin 2009, dernière défaite en date de la Rose flétrie. Et pourtant, il tourne le PS! oui, avec les élus de municipalités, de régions et de circonscription qui bien souvent cumulent les mandats. Ce cumul des mandats que Madame Aubry ne voudrait plus voir mais dont la suppression ne ferait qu'agrandir les trous béants dans la coque du navire PS, au point d'en faire un Radeau de la Méduse sans capacité de survivre aux vagues tumultueuses du monde politique et des futurs élections régionales. Martine Aubry a d'ailleurs jugé prudent d'éviter d'énoncer cet écueil devant les élus locaux, ainsi que l'idée de "parité totale" au sein du parti. Les élus locaux sont le poumon du PS, la seule force qui lui permet de vivre politiquement puisque les idées nouvelles ont déserté ce parti depuis bien longtemps.

Entre les mains de ces dirigeants, le PS, jadis l'étoffe de la gauche, s'est transformé en couverture que chacun veut tirer de son côté, au point de la déchirer et de la recoudre sans arrêt, de telle sorte qu'elle apparait bien laide ainsi rapiécée aux yeux de ses militants qui jadis s'en drapait pour en défendre la couleur. Parmi les deux cents mille adhérents-militants, combien iront voter? on s'attend à une abstention record, signe d'une campagne atone et sans entrain, d'une démoralisation des troupes avec la révélation de fraude. Martine Aubry a beau promettre des lendemains qui chantent aux militants; la grande rénovation, mot usé à gauche jusqu'à la corde,ne les fait plus rêver.

Un nouveau coup pour rien à gauche ? Martine Aubry joue gros, elle sait que si elle est désavouée lors de ce vote, sa position à la tête du parti deviendra de plus en plus intenable, et sa rivale du Poitou aura , en dépit de gagner la tête du parti, réussi à la faire perdre, et aura un espace pour s'affirmer, et qui sait, aller tel Balladur en 1995, seule à l'assaut de l'Elysée en 2012!

Sources: Reuters, Le Monde, Le Figaro, Libération.







France: Le déficit de la sécurité sociale plonge encore...


"Touche le fond mais creuse encore" pourrait-on dire lorsque l'on voit la plongée vertigineuse du déficit public de la sécurité sociale. Les gouvernement successifs ont pendant longtemps pensé que le non-remboursement de certains médicaments non-génériques aurait pour effet de résorber en partie "le trou de la Sécu" qui hantent tous nos politiques depuis vingt ans. Mais rien à faire, surtout avec la crise économique qui s'ajoute au fardeau des acteurs de la scène publique qui cherchent à endiguer le problème : le déficit atteindra en 2010 les 33,6 milliards d'euros.

A cela, plusieurs raisons: la fonte des recettes à cause de la dégradation du marché du travail (dû en partie à la crise) , ainsi qu'à un sérieux problème de gestions dans toutes les branches de la Sécurité Sociale, notamment en matière de distribution et de remboursements de médicaments. On peut aussi rappeler que la France est le pays le plus consommateur de médicaments au monde selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Si le vieillissement de la population est en partie responsable de cela, ça n'explique pas tout: le lobbying des laboratoires pharmaceutiques et les intérêts économiques en jeu , ainsi que la surconsommation de médicaments chez les patients fournissent un autre éléments de réponse.

Aussi que dire de la gratuité de certains médicaments pour les immigrés n'étant pas forcément dans le besoin, lorsque ces médicaments là ne sont plus rembourser pour les nationaux ? Dans le livre Accueillir ou reconduire d'Alexis Spire, une guichetière du service des bureaux de l'immigration explique les abus courants en ces termes: " La Sécurité Sociale ne rembourse plus certains médicaments pour les Français, ce qui fait quand même une grosse différence pour les fonctionnaires comme nous, mais l'Etat prend en charge la santé des malades étrangers. Il y a quelquechose qui ne va pas là-dedans, ce n'est pas logique!" -Ce a quoi Alexis Spire ajoute-
"La possibilité pour les étrangers d'être admis en France lorsqu'ils sont atteint d'une pathologie non pris en charge dans leur pays d'origine est ici directement reliée à la dégradation de la protection sociale des travailleurs nationaux les plus pauvres" (p59) L'auteur ne met pas vraiment en doute l'affirmation de la guichetière dans les pages qui suivent...

Face à cela, quelles solutions apporte le gouvernement français ? L'augmentation du forfait hospitalier passerait alorsde 16 à 18€, la diminution du taux de remboursement de certains médicaments passerait de 35% à 15% de remboursement du prix, ainsi que le remplacement de certains médicaments par des génériques, et l'arrêt de l'exonération de prélèvements sociaux de certains contracts d'assurance-vie.

Une chose est certaine, ne rien faire serait la pire chose qui soit. Mais que cela n'empêche pas le gouvernement de choisir d'autres options que l'augmentation de prestations sociales.

Si le remplacement de certains médicaments par des génériques peut réduire la consommation et le cout de remboursement des médicaments, qu'en est-il de l'augmentation du forfait hospitalier ? Sur une retraite de 900€, cette augmentation de 2 euros devient effrayante pour une hospitalisation de plusieurs semaines pour un(e) retraité(e)! Est-ce véritablement une solution de tondre un peu plus les Français pour combler l'abysse de la sécurité sociale ? De même, ne pourrait-on pas envisager une alternative à la prise en charge total des immigrés malades, comme celle d'un dispensaire payé par les pays d'où proviennent ces migrants? Le choix de diminuer les taux de remboursements et de taxer des contrats d'assurance-vie relèvent plus de la "mesurette" et du "courtermisme" que de la réforme dont aurait besoin cette institution si chère aux Français depuis 1945.



Sources: Reuters, Accueillir ou reconduire - Enquête sur les guichets de l'immigration d'Alexis Spire Editions Raisons d'agir.

France: Politique, Sarkozy et l'opération "jeunesse"

Dans son discours du 29 septembre dédié aux "forces vives de la Nation", le Président de la République a annoncé une série de mesures à l'attention des jeunes travailleurs et universitaires. La plus marquante est celle de l'extension du Revenu de Solidarité Active (RSA, remplaçant du RMI) aux jeunes de moins de 25 ans qui ont travaillé pendant au moins deux ans pendant les 3 dernières années. Cette mesure casse un des tabous de la droite depuis de nombreuses années: la non-accessibilité du RMI aux jeunes, le "RMI-jeune" étant vu par une partie de la majorité comme une forme d'assistanat dès l'entrée sur le marché du travail. La limitation du RSA aux jeunes ayant déjà travaillé semble avoir rassuré les députés UMP réticents à cette mesure, comme l'indique Hervé Mariton juste après le discours du Président sur LCI.

D'autres mesures semblent aller dans le sens d'une meilleure formation professionnelle des étudiants: Nicolas Sarkozy a promis la mise en place d'une alternance université/entreprise pour pallier le manque de formation professionnelle , ainsi que l'interdiction des stages non conventionnés pour mettre fin à l'exploitation des entreprises de certains stagiaires comme des "sous-employés non payés" a-t-il indiqué. En outre le Président a promis que les stages de plus de 3 mois seraient désormais rémunérés. Indiquant que ces paroles n'étaient "pas des idées mais des axes de route", on sait que le chemin à parcourir est encore très long.

Le budget alloué pour une telle entreprise en faveur des 15-24 ans, dont le taux de chômage est largement supérieur à la moyenne nationale (de 10 à 20%), dépassent désormais les 500 millions d'euros. Les cris d'orfraies des parlementaires libéraux et partisans de la rigueur de la majorité ne devraient pas tarder à se faire entendre..."Investissements pour l'avenir du pays" leur rétorque le Président français, dont le gouvernement présente un budget pour 2010 avec un déficit record dû à la crise au creusement des déficits de certaines entreprises publiques.

Le Président fut plusieurs fois applaudit pendant son discours par les membres du gouvernement, les députés et les nombreux jeunes présents dans la salle. Reste à savoir désormais si ces promesses seront suivies par des actes !

Sources: Reuters, LCI: Discours en direct du Président de la république du 29 septembre 2009.

mardi 29 septembre 2009

France: Menace de privatisation de La Poste, votation pour un service de public si cher aux Français.



La France deviendrait-elle un canton suisse le temps d'une semaine ? On peut se le demander, quand on voit que plusieurs associations, syndicats et partis politiques (Debout La République (DLR), PS, PCF, LO, NPA) soutenir l'organisation d'une "votation" citoyenne ,du 28 septembre au 3 octobre pour décider de l'avenir de La Poste comme service public. Les propos de Christine Lagarde, ministre de l'économie, dans le Nouvel Observateur, affirmant qu'"il n'était pas question de privatiser la Poste", n'ont pas rassuré les employés du service postal. En effet, ils se souviennent en 2004 des propos de Nicolas Sarkozy (occupant alors la même fonction de Mme Lagarde aujourd'hui) affirmant qu'"il n'y aura pas de privatisation de Gaz De France". Résultat: Suez a avalé GDF, devenu une entreprise privée.


La Poste est aujourd'hui dans le collimateur de la privatisation. La grêve de la semaine dernière notamment dans la région parisienne ne semble pas avoir eu d'effet, comme en témoigne "la résignation des salariés non-grévistes" (
Le Monde du 21 septembre) et le faible suivi de la grève sur seulement quelques jours et avec une proportion très faible du nombre de grévistes (environ 17% selon Le Figaro.) La Poste entend faire comprendre au gouvernement sa détermination à ne pas vouloir subir le même sort que GDF et à devenir une SARL. Cela aboutirait à la fermeture de nombreux bureaux de poste dans les municipalités rurales, et à l'arrivée d'agences postales communales où les employés postaux deviendraient progressivement des employés de la commune.


On peut s'attendre à ce qui s'est passé en Belgique ou en Hollande: une diminution drastique des bureaux de poste (au point qu'en Belgique, le nombre de bureaux postaux a été quasiment divisé par deux) qui conduit à un allongement des files d'attentes, et une augmentation du prix du timbre dans les zones les moins peuplées (comprenez: dans les zones rurales.)


La politique européenne intervient aussi dans le cadre d'une demande de la Commission européenne de Bruxelles d'ouvrir à la libre concurrence tous les secteurs, y compris celui de La Poste, dernier service public exclu de libéralisation jusqu'à aujourd'hui ( Le Nouvel Observateur du 23 juin 2008.) En 2008, la Commission européenne a estimé que le début de cette libéralisation devait commencé dans l'année 2009 et être achevée en 2011. Les employés sont dorénavant prévenus et savent ce qui les attend !

Sources: Le Nouvel Observateur, Le Monde, Le Figaro, AFP, Reuters.











France Télécom, "des paroles, des paroles, des paroles" (air connu)

Suite au 24ème suicide à France Télécom, son président Didier Lombard a annoncé la fin de la mobilité au bout de trois ans des cadres. "Opération de com' !" crient les syndicats. Pour ces derniers, cela est loin d'être suffisant : ils demandent la fin des restructurations, la fin de la pression du chiffre et de la compétition qui a amené le service public d'antan à un accroissement de la concurrence et de l'individualisme au sein même des équipes de France Télécom.

"Les promesses n'engagent que ceux qui y croient" nous dit le vieil adage, et les salariés de france télécom ne semblent pas croire à celles de leur P-DG. "Il faut bien qu'il dise quelquechose, il souffre d'un manque total de crédibilité depuis qu'il a parlé de "mode " du suicide, cela a signé la fin du soutien qu'il avait pu avoir des cadres et des employés" confie un cadre technique.

Même si les suicides s'arrêtent, le malaise semble être solidement enraciné dans l'entreprise. Les syndicats dénoncent le mal-être de leurs collègues. Dans plusieurs secteurs, on observe des choses navrantes: les personnes affectés au service-client avec leurs boites d'antidépresseurs à côté du téléphone, le stress des cadres techniques engendré par la peur de ne pas atteindre les objectifs fixés par leurs chefs, ou encore la phrase rituelle " je n'en peux plus," je me sens mal ici" des personnes nouvellement mutées et délaissées dans un service qu'elles ne connaissent pas encore. Autant de symptômes qui, s'ils ne se termine pas obligatoirement par le suicide, sont autant de preuves d'une mauvaise politique de gestion de l'entreprise où le facteur humain a été délaissé.


Si la gestion humaine ne change pas dans la multinationale, il y a fort à parier que la vague de suicides continuera de ravager l'image de l'entreprise et la vie de ses salariés.



Sources: Reuters, AFP, Le Post, France Info.

lundi 28 septembre 2009

France: Suicide à France Télécom: vingt-quatrième victime...





On déplorait à la mi-septembre le suicide de 23 personnes à France Télécom depuis le début de l'année.

Sur France 5, dans C'est dans l'air , on y entendait une psychologue du travail lire la lettre de l'un des salarié de l'entreprise disant qu'il serait peut-être la prochaine victime de ce cercle infernal. Peut-être est-ce cette personne, peut-être que non, en tout cas, ce n'est pas l'installation de cellules psychologiques en ligne qui résout le problème comme a pu le croire naïvement Didier Lombard le P-DG, qui semble aujourd'hui totalement dépassé par les évènements et même désavoué par de nombreux employés. Il fut accueilli dès son arrivée par une série de sifflets et d'invectives telles que "Lombard, démission, ça suffit" lors de son déplacement à en Haute-Savoie, à Alby-sur-Chéran, là où le 24ème salarié s'est suicidé en sautant d'un viaduc.

Beaucoup dise que cette crise profonde à France télécom est le résultat d'un changement trop rapide d'un service public à une entreprise presque privée. Ils ont en parti raison. L'Etat, même s'il est actionnaire majoritaire, ne possède que 26,7% du capital de l'entreprise, le reste appartient à des actionnaires institutionnels à 64,3%, et les salariés ne possèdent que 3,7% de l'entreprise. Mais s'arrêter à cela serait superficiel. La crise qui touche ici France Télécom est aussi dans le management des personnes: la philosophie de l'entreprise est la formation de jeunes cadres bardés de diplômes qui deviennent rapidement chef d'équipe à moins de trente ans, pour gérer des personnes souvent plus âgées qu'eux. Le choc des générations fait parti intégrante du processus. Les ordres viennent d'en haut et les chefs les appliquent. Le problème est celui de la réalité du terrain: "de nombreux objectifs sont impossibles à atteindre dans le temps voulu par les hautes sphères!" confiait un salarié. Cette coupure entre l'objectif désiré et la réalité est à l'origine d'une pression permanente où aucune soupape n'est prévue pour l'endiguer.

Si on s'intéresse au profil des personnes suicidées, on remarque que ces personnes ont environ 50 ans, sont bien notés et très investies dans leur travail. Mais une autre philosophie de France Télécom est à l'origine de ces suicides: le "Time To Move", ou comme la nomme ironiquement les salariés le "Tire -Toi Maintenant!" Sous ces formules se cachent l'idée du déplacement permanent. Le salarié doit être à l'image de son entreprise en matière d'innovation technologique: en constante mutation. Ainsi, tels des oiseaux migrateurs perturbés, les salariés sont poussés tous les trois ans à aller dans autre service alors que la saison de perfectionnement du domaine qu'ils occupent n'est pas achevée, sans explication. Plus radical encore, les DRH leur proposent un autre métier tout à fait dans leur compétence: charcutier ou encore gardien de prison.

L'aspect humain à France Télécom mérite de ne pas être oublié, ce dernier suicide pourra-t-il faire réagir très prochainement les acteurs de la société? L'urgence est là, et ils le savent.

Sources: Reuters, AFP, témoignages anonymes.

samedi 28 mars 2009

FRANCE: La grande journée de grêve et de manifestation du 19 mars 2009

Ce 19 mars 2009 fut marqué par une mobilisation importante au niveau national dans les grandes et petites villes de France. Les syndicats des secteurs public et privé ont organisé cette manifestation avec les salariés des trois secteurs du travail (primaire (agriculture), secondaire (industrie), et tertiaire (services)) ainsi que les étudiants, les chômeurs et les retraités. Ce jeudi 19 mars fut une journée où la rue a exprimé son mécontentement vis-à-vis des différents problèmes sociaux qui agitent la France depuis que la crise mondiale a touchée le pays en octobre 2008. Cette journée de mobilisation est, pour les syndicats, décisive afin de montrer la colère de la population face au gouvernement. Pourquoi le gouvernement? Il est accusé de ne pas savoir géré la crise, ou du moins de la limiter. Les syndicats cherchent à battre un record: celui de la journée d'action du 29 janvier 2009, où les manifestations avaient rassemblé entre 1 (selon les forces de l'ordre) et 2 millions (selon les syndicats) de manifestants.

Pour ce qui est des revendications des manifestants, il suffit d'avoir l'échantillon d'une manifestation dans une grande ville de France pour comprendre ce que le Peuple reproche à son Prince. Étant Lyonnais de naissance, j'ai décidé d'effectuer mon premier reportage pour ce site sur la capitale des Gaules.

Les syndicats des différents secteurs ainsi que des membres de partis politiques d'extrême gauche se placent en porte-à-faux du gouvernement et de son Président Nicolas SARKOZY. Le climat est chargé d'une électricité hostile envers le chef de l'État. Les premières revendications qui ont pu être vu sur les pancartes et les banderoles sont des réclamations pour des hausses de salaires, des demandes pour conserver des emplois et la suppression du bouclier fiscal. Le bouclier fiscal est vu par la population comme l'écu de défense des richesses des plus grands entrepreneurs français. Il garantit en effet un plafonnement de l'impôt à 50% sur les plus grands patrimoines et les plus grands capitaux. Depuis quelques jours, différents députés, de l'opposition mais aussi de la majorité, quémandent la suppression de ce bouclier, sans aucun effet sur la volonté de Nicolas Sarkozy. Le fer de lance de la rue sera-t-il capable de fendre l'armure tant haïe ? Mystère... En tout cas, la grogne est bien là. Elle est perceptible à Lyon comme sûrement ailleurs

Jeudi 19 mars 2009, France hexagonale, Lyon, station de métro Montplaisir.

10H30

Le cortège immobile est déjà animé par des sifflets et des slogans qui fusent sous le doux soleil de cette fin d'hiver. La foule attend avec impatience le moment où elle pourra défiler de l'arrêt Grange Blanche à la place Bellecour, la troisième plus grande place de France et la première place piétonnière d'Europe(1). Les manifestants trépignent presque, et la musique qui sort des haut-parleurs juchés sur les camionnettes qui roulent au pas parvient tout juste à les distraire de l'attente.






10h45


Le cortège bouge enfin, il sort de sa torpeur avec l'envie de battre le pavé (ou plutôt l'asphalte), désireux de crier au prince de la Nation ce qu'il pense de sa politique. Les manifestants hurlent, chantent et entonnent gaiement tous les slogans usuels à l'encontre du chef de l'Etat, comme pour oublier qu'il faudra ensuite revenir à une réalité morose. "En grève, en grève!" clament -ils. les salaires et l'emploi sont leur préoccupation première si on lit la banderole de la Confédération Générale du Travail. Ils veulent aussi la peau des ogres de la finance et de l'actionnariat qui dévorent la France. Les syndicats sont toujours les premiers en tête de cortège, les étudiants -soi-disant- "en grève" attendent de pouvoir se glisser dans la foule pour décrier le gouvernement avec la verve qui caractérisent leur jeunesse. Les camionnettes diffusant de la musique digne de la technoparade de Jack LANG provoquent le dandinement des étudiants. Pourquoi ces étudiants sont-ils eux "en grève"? Pas par solidarité, mais parce que leurs professeurs-chercheurs sont frappés par des suppressions de postes (900 prévues en 2009(2))
et d'un décret modifiant leur statut de 1984. De même, les étudiants qui manifestent veulent l'abrogation de la loi Pécresse sur l'autonomie des universités (loi "Liberté et Responsabilité des Universités" (LRU)) qui serait en fait une mise sous tutelle contraignante de l'État de l'université (mobilier, locaux, personnels d'entretien et professeurs). Chercheurs mais aussi professeurs de secondaire manifestent, car se sentent menacés par une troisième loi sur la mastérisation de concours pour l'Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM) qui forment "pédagogiquement" les futurs enseignants du primaire et du secondaire notamment. cette mastérisation ferait que les IUFM perdraient de leur importance pour que le concours pour devenir enseignant se face uniquement durant la formation à Bac +4 ou +5 (Master). Étudiants, professeurs et chercheurs veulent la suppression de ces trois décrets.

(Je suis étudiant à l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon, voilà pourquoi les grèves étudiantes m'interpellent autant!)




11h10

Pendant ce temps, les ouvriers de très grandes entreprises crient leur colère devant la menace du licenciement qui plane au-dessus d'eux comme une épée de Damoclès. Leurs patrons font des profits qui leur semblent scandaleux, venant de stock-options ("options sur titres" en français) qui sont des rémunérations versées aux entreprises souvent cotées au CAC 40 (la bourse française) où l'on achète des actions dont le prix est fixé à l'avance (plus bas que le marché), tout comme la date d'achat. cela permet à l'entrepreneur de faire un bénéfice immédiat le plus souvent. Les employés des services publics dénoncent leurs conditions de travail, en particulier ceux du milieu hospitalier (infirmières notamment.)

Les revendications des salariés ont pourtant toute leur légitimité. Il y a peu de temps, l'entreprise Continental de Clairoix a annoncé la fermeture de l'usine d'ici quelques années alors que les salariés ont consenti à plusieurs sacrifices comme celui de faire 40 heures au lieu de 35 heures -comme ce fut prévu par la loi Aubry de 2000- et le gel des salaires pendant plusieurs années pour éviter de perdre leurs emplois. Les salariés dénoncent l'actionnariat tout puissant et repu, ne supportant plus d'être les dindons de la farce.

Le peuple veut la tête de son roi "sarko au pilon!" peut-on lire sur les banderoles, avec au bout d'un bâton, la tête factice et décapitée du Président, comme celle de Louis XVI présentée au peuple.

Ce défilé n'est donc pas homogène, où le nom du président est conspué, les manifestants ont néanmoins des préoccupations différentes suivant leurs conditions sociales et leurs orientations professionnelles.

11h25

Le cortège de l'IEP de Lyon part enfin dans la manifestation avec un frénésie non dissimulée criant des slogans et chantant des comptines détournées. La marche s'effectue en accordéon (marche/arrêt/marche.) Les étudiants et autres manifestants renvoient à leur roi élu ses propos tenus au salon de l'agriculture de 2008 à un badaud qui avait refusé de lui serrer la main ("Casse-toi sale con!") sous la forme de "Casse-toi Sarkon!". Les étudiants de Sciences Po avec lesquels je suis sont très créatifs dans l'invention de slogans et les parodies chansonnières, on entend: "Il était un petit bonhomme, il était un petit bonhomme qui voulait tout, tout, tout, nous supprimer" sur l'air du Petit Navire. Pour dénoncer la finance internationale il sont là aussi inépuisables avec des "Moins de Bernard MADOFF plus de profs" car ils rêvent tous d'être fonctionnaires. Il font référence aux augmentations de salaires dans les départements de Guadeloupe et de Martinique en demandant "200 €" supplémentaires alors que eux ne travaillent pas régulièrement comme des salariés et ne vivent pas les inégalités qui sont terribles dans les deux îles où le coût de la vie est 5 à 6 fois plus cher(3). Il clament aussi "C'est pas les étrangers, c'est pas les étudiants, c'est pas les chercheurs, c'est les capitalistes qui ruinent, ruinent, ruinent la société!" , oubliant que la globalisation est un trépied qui tient debout grâce à l'échange mondial des marchandises, des capitaux et...des hommes. Cela permet alors au patronat de payer au quart de prix des étrangers clandestins très peu qualifiés pour faire pression sur les salaires et les utiliser comme casseurs de grèves lors des mouvements sociaux dans les entreprises de maçonnerie, d'hôtellerie, de restauration...

Seul semble compter le slogan dans ce mouvement des étudiants de l'IEP Lyonnais même s'il doit atteindre parfois les tréfonds de la stupidité.

13h20

Le cortège des manifestants s'accélère sur la grande avenue GAMBETTA. les slogans sont de plus en plus stupides: "Ours blancs, étudiants même combat" , "Lyon 1 , Lyon 2, Lyon 3 Sciences Po, sarko Zéro!" On me dit de prendre ça à la légère. Très bien, alors amusons-nous! Devant une station-service de Total on crie "Total, Total paye la crise!!!". Je discute avec une amie de l'IEP de Lyon qui espère que la manifestation d'aujourd'hui aura un impact sur la politique du gouvernement. Il est difficile de dire si cela sera vrai à ce moment -là, sachant que le Président n'est pas un homme qui cède facilement.





13h30

Des membres partis d'opposition -socialistes et communismes- (élus et non élus) et les militants de toute la gauche française encouragent les manifestants depuis les trottoirs, distribuant des tracts pour les élections du parlement européen en juin 2009 et scandant "Unité, unité!". La place Bellecour est tout près maintenant.



13h50

Le cortège arrive enfin place Bellecour où la statue du Roi-Soleil a été entouré par des manifestants de banderoles de revendications. Le cortège s'égaille et semble se disloquer. La manifestation prend fin, la gaieté aussi. C'est l'heure du retour à la dure réalité pour la plupart des manifestants, espérant être écoutés par le prince démocratique.

Présentation et bienvenue

Bonjour à toutes et à tous.

Je vous souhaite la bien venue sur ce modeste site "politicus socialis" consacré comme son nom l'indique, à l'actualité sociale et politique.

Permettez moi tout d'abord de me présenter: je suis né au mois de mars 1987 et je suis quelqu'un de passioné par les questions politiques et sociales anciennes et récentes, ainsi que par l'Histoire et la culture en général.

Ce site est une sorte de journal de bord de mes diverses expériences sur le terrain ou face à un évènement très relaté par les médias concernant des sujets sociopolitiques français ou, dans une moindre mesure, étrangers.

Ce site est avant tout un site d'analyse des différents faits et évènements qui traversent la société française , croisant différentes sources, différents points de vue dont je fais la synthèse.

Merci de vous intéresser à mon travail. Je vous serez gré de le commenter et de le critiquer de
façon constructive.

Meric à tous et bonne navigation sur politicusocialis !


Aturnel MANATONIS (pseudonyme)