La réforme du lycée est de nouveau d'actualité! Un récente pétition d'une vingtaine de chercheurs, d'historiens et de géographes ont mis à jour dans le JDD, l 'un des pans de la réforme du gouvernement face à laquelle ces chercheurs s'inscrivent en faux: rendre la matière "Histoire et Géographie" optionnelle pour les élèves de Terminale Scientifique. Alors que le gouvernement a lancé début novembre un grand débat sur l'identité nationale, il est curieux de voir que ce même gouvernement prévoit un allègement d'une matière où l'on apprend non seulement l'Histoire du monde, mais aussi l'Histoire de France de 1945 à 2009.Aussi bien chez les professeurs que chez les lycéens de la filières scientifique, cette annonce du gouvernement fait se lever un concert de critiques à l'unisson. Les professeurs y voient une mesure empreinte d' "utilitarisme à courte vue, qui se trouve en contradiction avec les objectifs proclamés du système éducatif français sur le plan de la formation intellectuelle, de l'adaptation au monde contemporain et de la réflexion civique des futurs citoyens". Cela, pour les professeurs est fait pour réduire sans nul doute les postes de professeurs au lycée au nom de la sacro-sainte doctrine du "non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux". Chez les élèves, c'est une "matière importante pour la culture générale qui disparaitrait", "une matière essebntielle qui permet aussi de comprendre l'actualité." On peut aussi noter que la filière S est de moins en moins scientifique et de plus en plus généraliste, car elle peut ouvrir beaucoup de portes. Selon une récente étude notée dans Le Télégramme (presse régionale bretonne) 51% des élèves de terminale sont en filière S. La mise en option de l'histoire-géographie priverait donc d'accès de nombreux élèves à d'autres études supérieurs que des études scientifiques. On pense notamment au concours de Sciences Po.
Il est d'autant plus étonnant que l'inspirateur de cette réforme ne soit autre que Richard Descoings qui est directeur de...Sciences Po Paris! Arrivé comme la cavalerie auprès de son ministre Luc Chatel, il explique qu'il y aurait une "hausse du temps" consacré à cette matière en première". Dans le même temps, il affirme qu'il souhaite, avec le ministre de l'Éducation, rendre plus généralistes les trois filières dès la première. A moins d'un doublement des horaires d'histoire-géographie en première, les professeurs voient mal comment assurer en première S l'enseignement de presque deux années de programme!
L'étonnement vient aussi des deux principales fédérations de parents d'élèves, la Peep et la FCPE. ces deux fédérations rituellement opposée par un clivage traditionnel respectif droite et gauche se sont alliées pour défendre la mise en option de l'Histoire-Géographie, dénonçant le "corporatisme" des professeurs davantage soucieux de défendre leurs heures de cours que l'intérêt des élèves. Le conflit de générations est on ne peut plus clair entre les parents et leurs rejetons entre la mise en congé d'une matière et sa défense pied à pied !
A la pétition de vingt chercheurs, se sont joints plusieurs hommes politiques: les dix-huits députés du Parti radical de Gauche (PRG) ainsi que des députés non-inscrits.
Sources: 20 minutes du 8 et 9 décembre 2009, Le Télégramme (9/12/2009), Reuters du 8 décembre 2009.
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