La commission chargée de la mise en place du grand emprunt, coprésidée par les anciens Premiers Ministres Michel Rocard et Alain Juppé, vient de rendre son avis sur le montant du grand emprunt: le montant sera donc de 35 milliards d'euros, "en deux fois", précise Michel Rocard.
En levant le voile sur le montant du grand emprunt voulu par la majorité présidentielle, la commission Rocard-Juppé met fin aux petites querelles internes de la majorité présidentielle où l'on désirait comme Henri Guaino 100 milliards d'euros d'emprunt ou comme le président de la République lui-même, 25 milliards d'euros. Une autre annonce est capitale dans ce dossier: la non-participation des particuliers au grand emprunt, celui-ci ce fera sur les marchés financiers que cela est fait très souvent par l'Etat sous la Vème République. Comme Michel Rocard l'a rappelé, "la France emprunte chaque année entre 250 et 300 milliards d'euros sur les marchés. « Pourquoi les particuliers en sont alors exclus? » Réponse de la Commission: il faudrait attirer les particuliers avec un taux d'intérêt supérieur, « ce qui coûte plus cher et ne vaut pas le coup » rajoutent messieurs Rocard et Juppé.
La véritable question est bien sûr: "à quoi tout cela va-t-il servir ?" Selon la commission qui a remit son rapport aujourd'hui à l'Elysée pour les "investissements de l'avenir", il s’agit de doper la compétitivité de la France dans la globalisation par la croissance en investissant dans la recherche qui pâtit depuis des années d’un manque flagrant d’investissement de la part des pouvoirs publics, et notamment dans « les sciences du vivant, les énergies renouvelables, les mobilités futures dont l’aéronautique.» Parmi les 35 milliards d’euros, 16 milliards iront donc dans l’enseignement supérieurs et la recherche. Les experts entendent aussi privilégier l’économie numérique et l’innovation au sein des PME.
Pour quérir les capitaux nécessaires à ces financements, l’AFT (Agence France Trésor) devra demander aux entreprises du CAC 40 de lui envoyer des fonds avec leur bénédiction pour réaliser de tels projets. Déjà, certains à droite comme à gauche dénonce ce « mini-grand emprunt » qui ne serait pas suffisant pour tirer la France du bourbier économique et social dans lequel elle se trouve actuellement. 35 milliards d’euros d’emprunt peut sembler ambitieux pour un pays moyen de la zone Euro, mais peut-être pas suffisamment pour une puissance comme la France, qui tient à son rang de prestige dans l’Europe des 27. Il ne faudrait pas en effet que la France rate le coche de la reprise économique et reste à la traine derrière ses voisins européens que sont le Royaume-Uni et surtout l’Allemagne. De même, il est impératif que ce grand emprunt serve les intérêts des Français pour la préparation de leur avenir lorsque la reprise –qui se fait attendre- sera de retour.
Hors grand emprunt, la dette du pays est de 1134 milliards d’euros et devrait augmenter de 85 milliards d’euros d’ici 2010. Il est donc plus qu’urgent que le grand emprunt soit un déclencheur ambitieux de la croissance future et non un creuseur de la dette publique. Bientôt, Nicolas Sarkozy devra annoncer les secteurs retenus et les contours de l’emprunt, la commission n’ayant qu’un avis consultatif. Espérons que le président Sarkozy saura faire un choix juste et audacieux quant au montant du grand emprunt et au choix des domaines d’investissement, bien que ce plan aurait pu être fait après l’arrivée de la crise en Europe...
Sources : AFP, Reuters, Direct matin, Lyon Plus, 20 minutes.
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